« Je veux exprimer une totale incompréhension et une vive inquiétude à l’égard de cet amendement ajouté en commission, le 17 janvier, à la loi Macron, examinée depuis lundi 26 janvier à l'Assemblée nationale qui se présente comme une arme de dissuasion massive pour les journalistes » avance Serge Marti. Cette disposition entend protéger les informations non publiques à valeur économique par le biais de sanctions lourdes, 3 ans de prison ferme ou 375 000 euros d’amende. La peine maximale encourue passe même à sept ans de prison et 750 000 euros d'amende lorsque l'infraction est de nature à porter atteinte à la souveraineté, à la sécurité ou aux intérêts économiques essentiels de la France.
« La raison d’être d’un journaliste est justement de divulguer des informations non connues dans l’intérêt de la société. C’est pourquoi il me semble que cette disposition a vocation être utilisée pour museler la presse et entraver sa liberté d’expression ».

« En aucune façon, le texte que je porte ne cherche à entraver la liberté de la presse. Cette liberté se situe au cœur de la vitalité de la démocratie », répond alors Emmanuel Macron. «Le texte que je défends a pour objectif de protéger le secret des affaires des entreprises en France. Notre pays se situe en bas des classements internationaux en la matière. Nos entreprises sont aisément espionnées et de ce fait vulnérables dans la compétition internationale dans laquelle elles trouvent. Il nous a semblé nécessaire de chercher à assurer une meilleure protection des données industrielles et intellectuelles » explique le ministre de l'économie français.

Ce dernier assure alors que des exceptions seront apportées à cette protection du secret des affaires tant en matière de droit civil que de droit pénal pour trois catégories d’individus : les salariés dans le cadre de la défense de leur droit syndical, les lanceurs d’alerte, et les journalistes. « Ces exceptions couvriront la préoccupation vis-à-vis du texte ».

Cette liberté de la presse aura cependant un prix, indique Emmanuel Macron. « Les journalistes auront le devoir de non approximation. En d’autres termes, ils devront parler des choses avec clarté, précision et rigueur ».

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