L’administration fiscale française n’a pas chômé en 2014. Elle a procédé à des redressements fiscaux pour 15,3 milliards d’euros, auxquels il faut ajouter 4 milliards d’euros de pénalités, ainsi qu'à 852,6 millions de redressement pour fraude sociale, selon les chiffres publiés mardi par le comité national de lutte contre la fraude (CNLF). Au total ce sont donc plus de 20 milliards d’euros qui ont été facturés aux contribuables oublieux, un chiffre en hausse de 7% par rapport à 2013.

« Ces chiffres sont positifs. Cela prouve que la mobilisation fonctionne : les échanges d’information entre services se multiplient, le ciblage des contrôles se généralise » a estimé le ministre des Finances Michel Sapin lors d’une conférence de presse organisée mardi à Bercy. Cependant, compte tenu des délais de recouvrement et des procédures contentieuses, seule la moitié de la somme (10,4 milliards) est effectivement entrée dans les caisses de l’Etat, permettant au passage une légère réduction du déficit public, à 4% au lieu de 4,1% en 2013.

Dans le détail, les redressements concernant des comptes non déclarés à l’étranger (évasion fiscale) ont atteint 1,9 milliard, alors que le gouvernement tablait initialement sur un milliard. Plus de 40 000 dossiers de régularisation ont été soumis depuis la mise en place d’une procédure spécifique il y a deux ans et l'objectif est de recouvrer 2,7 milliards d'euros supplémentaires en 2015.
Les redressements opérés par la sécurité sociale ont quant à eux augmenté de 34% en 2014 mais ils restent marginaux dans le total. La moitié (427 millions d’euros) porte sur des fraudes aux cotisations ou du travail illégal, l’autre (425 millions) sur des fraudes aux prestations. Le comité relève en outre que le montant de la fraude redressée par Pôle emploi a encore augmenté en 2014: 79,7 millions d'euros, en progression de 36% par rapport à l'année précédente.

D’après un rapport du syndicat national Solidaires Finances Publiques publié en janvier 2013, la fraude fiscale représenterait en France entre 60 et 80 milliards d’euros soit 15% à 25 % des recettes fiscales brutes de l’Etat et des collectivités territoriales. Quant au travail non déclaré, il atteindrait 6% du PIB.