Ce mardi le mouvement baissier perdure. Le prix des contrats à terme sur l’or a chuté de 4,6% sur le marché asiatique, perdant plus de 50 dollars. La barre psychologique des 1100 dollars ainsi a été franchie un moment dans les premières heures de négociations. Le prix de l’or sur le marché des futures a New York affiche un fléchissement de 1,7%.

Les raisons à l’origine de la correction du prix de la matière premières sont diverses. Tout d’abord, l’annonce par la Chine du niveau de ses réserves d’or vendredi dernier. La Banque centrale de Chine a indiqué détenir environ 1658 tonnes d’or, supposant ainsi l’achat de 100 tonnes d’or en moyenne chaque année depuis 2009, un volume bien plus faible que celui escompté par les analystes.

L’accentuation de l’anticipation de voir la Fed remonter ses taux dans un proche avenir par le marché constitue une autre cause de la diminution du prix de l’or. La hausse des taux directeurs devrait faire davantage perdre à l’or son attractivité. D’une part parce que l’or ne rémunère pas et sert surtout de valeur refuge. Ensuite parce que l’action de la Fed devrait entrainer une appréciation supplémentaire du billet et renchérir le cout d’achat de l’or. Le dollar a dernièrement touché son plus haut niveau depuis le 13 avril. L’indice dollar qui rend compte de l’évolution du billet vert contre un panier de dix devises a progressé de 0,2% ce mardi. Le benchmark connait une hausse depuis quatre semaines consécutives, la plus longue période depuis le 13 mars.

En conséquence de ces considérations, les hedge funds ont réduit leurs positions longues sur l’or à un plus bas niveau de neuf ans. Parallèlement, les positions vendeuses des investisseurs-sur la base d’une spéculation que le cours de l’or pourrait encore corriger- ont augmenté.

La diminution du prix de la matière première a un effet évident sur les actions des grands producteurs. Une société comme Barrick Gold a vu son cours de bourse s’effondrer de 16% aujourd’hui.

Selon divers analystes le prix du métal jaune devait encore évoluer à la baisse. Pour Victor Thianpiriya, stratégiste chez ANZ Research, le cours de l’or pourrait tomber à 1000 dollars l’once à court terme, un niveau auquel de nombreux producteurs auront des difficultés à tirer des bénéfices.
Selon ce dernier, la demande pour le métal jaune qui est en ralentissement depuis le début de l’année selon le Conseil mondial de l’or, devrait encore s’amoindrir. Qui plus est, l’importance du risque systémique sur les marchés, avec notamment une sortie de la Grèce de la zone euro s’est considérablement atténuée. L’or n’a plus vocation à jouer autant son rôle de valeur refuge en temps de trouble. Enfin, il est prouvé que sur le long terme, l’or sous performe les autres classes d’actifs disponibles pour les investisseurs.

Dans le sillage du mouvement du prix de l’or, d’autres métaux précieux ont également connu une dégringolade de leur prix. Le prix de l’argent a touché son niveau de début 2010, le prix du platine son niveau d’il y a six ans et demi et le prix du palladium son niveau de novembre 2012.
Les sorties de flux sur les métaux précieux se sont étendus aux métaux de base comme le cuivre.

L’indice matières premières de Bloomberg s’est établi à 96,712 en cours de séance ce mardi, un plus bas depuis juin 2002. C’est le cinquième jour consécutif que l’indice connait un repli, la plus longue séquence de baisse depuis mars.