« Détruire Daech ». L’objectif affiché par François Hollande au lendemain des attentats de vendredi, qui ont coûté la vie à 129 personnes, a été réaffirmé ce lundi par Manuel Valls. « Nous allons agir pour détruire Daech sans répit. (...) Cet attentat a été organisé, pensé et planifié depuis la Syrie. Nous avons décidé d'engager nos Mirage et nos Rafale en Syrie », a indiqué le Premier ministre ce matin sur RTL.

L’armée française a mené dimanche soir des bombardements d’une ampleur sans précédent vers Raqqa, « capitale » de l’Etat islamique en Syrie. Dix chasseurs français ont été engagés dans ces frappes, qui ont détruit un poste de commandement et un camp d'entraînement terroriste, selon le ministère de la Défense. Interrogé sur le bilan de l’opération, le Premier ministre n’a pas fait de commentaire. « Je veux être prudent. La force Chamal a frappé des infrastructures opérationnelles tenues par Daech. Les objectifs ont été détruits ». Ces frappes sont « à la hauteur de l’attaque subie » par la France, a-t-il ajouté.

La France a déjà mené 200 frappes en Irak et en Syrie depuis qu’elle a rejoint en septembre la coallition internationale contre l’Etat islamique menée par les Etats-Unis. Le bilan de ces raids est pour l’heure très mitigé. Ils auraient renforcé le soutien de la population à l’organisation Etat islamique, notamment en Irak, selon le FBI. Ils auraient également causé la mort de plus de 200 civils, d’après l’Organisation syrienne des droits de l’homme (OSDH). Pour un expert militaire interrogé par 20 Minutes, la riposte française de dimanche est avant tout symbolique. « Cela permet de montrer aux Français que la France reste forte », commente-t-il. Mais pour détruire Daech, il faut envoyer des troupes au sol, ce que Manuel Valls n’a pas évoqué ce lundi et qu’il avait exclu il y a quelques semaines. Le gouvernement est pleinement mobilisé, sur le plan intérieur et extérieur, dans la lutte contre le terrorisme, a-t-il martelé, tout en admettant que le terrorisme peut encore frapper « ces jours-ci ou dans les semaines qui viennent ».