Après trois années de croissance faible (0,4 % en moyenne par an), l’activité a bel et bien accéléré en France en 2015. La hausse du PIB devrait atteindre 1,2% sur l’année, selon les dernières prévisions de la Banque de France. Cette reprise repose sur essentiellement sur un rebond de la consommation des ménages et, dans une moindre mesure, des exportations.

Mais il ne faut pas s’attendre à un rebond similaire l’année prochaine. « En 2016 puis 2017, la reprise se confirmerait, mais l’accélération par rapport à 2015 serait plus modérée que prévu en juin. Le taux de croissance du PIB s’établirait à 1,4 % en 2016 et 1,6 % en 2017 (contre respectivement 1,8 % et 1,9 % prévus en juin) », précise la Banque de France.

Le ralentissement des pays émergents, s’il ne s’est pas trop fait ressentir cette année, risque de peser sur le commerce extérieur. Par ailleurs les effets positifs du « contre-choc pétrolier » sur le pouvoir d’achat des ménages vont s’atténuer. Toutefois « ceux-ci maintiendraient la progression de leur consommation en 2016 et 2017 à des rythmes proches de celui de 2015, grâce à une légère baisse de leur taux d’épargne ». L’accélération de la croissance en 2016 tiendrait notamment au plus grand dynamisme de l’investissement des entreprises. Après l’amélioration des marges observées en 2015, l’investissement devrait en effet repartir grâce notamment au faible coût de l’endettement. « L’investissement des entreprises progresserait donc de 3,4 % en 2016 puis de 3,3 % en 2017, loin cependant des pics autour de 8,0 % observés lors des phases de reprise antérieures. Les anticipations encore trop incertaines et le niveau élevé de l’endettement freineraient en effet ce mouvement de reprise, qui serait un peu plus modéré que prévu en juin. »

La Banque de France reconnaît cependant qu’il y a plusieurs aléas négatifs à ce scénario de reprise modérée. Même si l’impact des attentats du 13 novembre est « sans doute transitoire et limité », la confiance des agents économiques pourrait être temporairement affectée.  Quant à la baisse du chômage, dont François Hollande a fait une condition de sa candidature en 2017, elle pourrait s'enclencher en 2016 mais sur un rythme très lent.