Contre l'avis du gouvernement, les députés ont adopté mercredi un amendement au projet de loi de finances prévoyant l'élargissement au 1er janvier 2017 de l'assiette de la taxe sur les transactions financières (TTF). Les transactions 'intra-day', qui consistent à acheter puis vendre des titres au cours de la même journée, mais aussi le trading haute fréquence seront désormais soumis à ce prélèvement, dont le taux sera relevé à 0,3% contre 0,2% aujourd'hui.

Des ONG ont salué une décision "historique" qui pourrait rapporter "2 à 4 milliards supplémentaires". "Ces sommes peuvent permettre à la France de tenir ses engagements internationaux en matière de lutte contre la pauvreté et le changement climatique, à condition qu’elles soient véritablement affectées à la solidarité internationale", commente Oxfam. L'objectif est également de freiner les activités spéculatives dans un contexte de liquidités surabondantes sur les marchés.

L'une des critiques formulées contre la TTF française est qu'elle frappe jusqu'à présent surtout les investisseurs particuliers et laisse les banques et les traders spéculer librement. "Il y a eu une offensive très claire de la part de la fédération bancaire française (FBF) pour repousser cet élargissement de la base de l’intraday", a indiqué la députée EELV de l'Essonne, Eva Sas, au magazine Euractiv. Les banques françaises craignent que cette mesure nuise à l'attractivité de la place financière de Paris, alors qu'elles espèrent avec le Brexit capter une partie des activités de marché aujourd'hui réalisées à Londres.

Le ministre des Finances Michel Sapin était également opposé à l'élargissement de la TTF, qu'il juge impossible à mettre en œuvre dès le 1er janvier 2017. Il préconisait d'attendre l'entrée en vigueur de la TTF européenne prévue en 2018 (qui inclut les transactions intraday et le trading haute fréquence mais dont le taux n'est pas encore fixé). Il s'est finalement rangé à l'avis de sa majorité et d'une partie de la droite.