Suppression de l'ISF

C'est l'une des mesures les plus emblématiques du programme des deux candidats. "Singularité archaïque" pour Alain Juppé, "contraire à l'intérêt national" selon François Fillon, l'impôt sur la fortune (ISF) est accusé d'encourager l'évasion fiscale et de dissuader l'entrepreneuriat en France. Il a généré 5,2 milliards d'euros en 2015, soit 2% des recettes fiscales de l'Etat. L'exonération ISF-PME a quant à elle permis d'investir un milliard d'euros dans les PME.

Baisse de la fiscalité des revenus du capital

Outre la suppression de l'ISF les deux candidats promettent un traitement plus favorable revenus du capital (intérêt, dividendes, plus-values). François Fillon se montre le plus offensif avec sa proposition d'une "flat tax" de 30%, prélèvement sociaux inclus, sur l'ensemble de ces revenus. Alain Juppé, lui, prévoit une taxe de 35,5% sur les intérêts et dividendes et conserverait peu ou prou le régime actuel d'imposition des plus-values en fonction de la durée de détention. Dans les deux cas les revenus du capital pourraient être "sortis" de la base d'imposition sur le revenu.

Abattements de l'impôt sur le revenu


Aucun des deux candidats ne prévoit de toucher au barème de l'impôt sur le revenu. Mais tous deux veulent rétablir un certain nombre d'allègements en faveur des familles et des salariés. Le quotient familial verra son plafond doublé à 3000 euros, assure François Fillon, tandis qu'Alain Juppé entend le porter à 2500 euros. Cette mesure favorisera les familles les plus aisées, seules concernées par ce plafond. Le maire de Bordeaux prévoit en outre d'exonérer d'impôt les revenus issus de la remise en cause des 35 heures et de l'allongement du temps de travail. Les deux candidats ont enfin prévu de revenir sur l'imposition à la source, qui doit normalement s'appliquer à compter du 1er janvier 2018.

Hausse de la TVA


Pour financer les allègements d'impôts et de charges, François Fillon et Alain Juppé misent sur la réduction des dépenses publiques, d'une part, et sur la TVA d'autre part. Celle-ci passerait de 20 à 22% si François Fillon était élu et à 21% avec Alain Juppé. A lui seul, ce point de hausse rapporterait 6,5 milliards d'euros de recettes fiscales, à condition bien sûr que la consommation n'en souffre pas trop. Mais contrairement aux baisses d'impôts, plutôt ciblées, cette hausse touchera tous les Français.