L’Assemblée nationale a approuvé mardi 22 novembre en première lecture l’ensemble du projet de budget 2017, dernier du quinquennat. Le texte de loi a été voté par une nette majorité de 287 voix contre 243 et 22 abstentions. Seule une dizaine de députés de la majorité se sont abstenus. Parmi eux le candidat à la primaire Benoît Hamon et le chef de file des "frondeurs" Christian Paul.

Le document, qui prévoit un retour du déficit public sous les 3% fin 2017 malgré une hausse des dépenses publiques, est jugé "insincère" par l'opposition de droite et du centre. Celle-ci, majoritaire au Sénat, prévoit d'ailleurs de rejeter ce budget en bloc, sans débattre. Cette décision exceptionnelle n'a qu'un seul précédent, en 1992, lors de l'examen du projet de loi de finances pour 1993.

Le dernier mot reviendra donc à l'Assemblée nationale où la majorité socialiste a réussi à imposer un certain nombre de mesures au gouvernement au cours de la première lecture, notamment une hausse de la taxe sur les transactions financières (TTF) et l'instauration d'une "taxe Google" visant à lutter contre l'optimisation fiscale des multinationales.

Le gouvernement a quant à lui sauvé in extremis le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu, prévu pour être effectif en 2018. Cette réforme risque cependant de passer à la trappe en cas d'alternance en mai prochain. François Fillon comme Alain Juppé prévoient de l'annuler. D'autres mesures phares du budget risquent d'être remises en causes notamment le recrutement de 11 000 fonctionnaires dans l'Education nationale.