L'économie européenne montre des signes très encourageants en ce début d'année. D'après le cabinet Markit, la croissance dans la zone euro atteint en février son meilleur niveau depuis avril 2011, tirée par ses deux principales économies, la France et l'Allemagne. "Si ce fort rythme de croissance de l’activité venait à se maintenir en mars, la zone euro pourrait afficher une hausse de son PIB de 0,6 % au premier trimestre 2017", indique Chris Williamson, économiste en chef de Markit.

"La principale surprise vient de la France, l’Indice PMI français dépassant légèrement celui de l’Allemagne, ce pour la première fois depuis mai 2011", ajoute-t-il. L'indice des directeurs d'achats (PMI) est ressorti à 56,2 en France en février contre 56 en Allemagne. Le sous-indice de l'emploi progresse également, pour le 4ème mois consécutif, grâce à "une forte hausse des créations de postes dans le secteur des services (la plus forte depuis 5 ans et demi)". 

Tensions inflationnistes

Pour Chris Williamson, le rebond de l'indice PMI français est "synonyme d’une généralisation de la reprise à l’ensemble de la zone euro". En 2016, l'économie française était restée à la traîne de ses partenaires, avec une croissance de 1,1% contre 1,7% dans l'ensemble de la zone euro. Le gouvernement a cependant maintenu sa prévision de croissance de 1,5% pour cette année, un objectif jugé irréaliste par la plupart des économistes lors de la présentation du budget en septembre.

"Le moteur principal de la croissance reste le secteur des services où les fortes expansions du volume des nouvelles affaires et de l’emploi se poursuivent", commente Alex Gill, économiste en charge d la France à Markit. La conjoncture est un peu moins favorable dans l'industrie manufacturière. "Les croissances du volume des nouvelles commandes et des effectifs ralentissent en effet par rapport à janvier, tandis que de fortes tensions inflationnistes continuent de peser sur le secteur."

Les risques politiques pourraient également venir freiner la reprise au cours des prochains mois. Mais Paris peut compter sur le soutien monétaire de la Banque centrale européenne qui ne devrait pas modifier sa politique "avant le mois de septembre au plus tôt", selon Chris Williamson. Sauf bien sûr si la France sort d'ici là de l'euro.

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