François Fillon, candidat favori des marchés financiers ? A voir la réaction du CAC 40 pendant la conférence de presse du candidat Les Républicains, ce mercredi, on est tenté de le croire.

A la mi-journée, 12h35 pour être exact, l'indice parisien a connu un bref accès de faiblesse suite aux déclarations du candidat Les Républicains à l'élection présidentielle :




François Fillon venait d'annoncer sa convocation pour mise en examen dans le cadre de l'affaire des présumés emplois fictifs de membres de sa famille. "Je me rendrai à la convocation des juges (le 15 mars, ndlr), je leur dirai ma vérité qui est la vérité", a indiqué l'ex Premier ministre avant d'ajouter : « Je ne céderai pas, je ne me rendrai pas, je ne me retirerai pas ». Il s'est ensuivi une remontée immédiate du CAC 40, qui en a profité pour inscrire un nouveau plus haut à annuel à 4950 points.

Cet épisode illustre bien l'impact de l'élection présidentielle française sur les marchés. Depuis le début de l'année, le CAC 40 s’est moins bien comporté que d'autres indices européens. Malgré une saison des résultats favorable, l'indice français a diminué de 0,3 % alors que le Dax a bondi de 1,9 % et le FTSE 100 de 2 %, souligne Saxo Banque dans une note parue ce matin. Bien qu'ils se soient un peu détendus ces derniers jours, les "spreads" entre la dette française et la dette allemande sont à leur plus haut niveau depuis 2012. "Les investisseurs appréhendent tous une surprise de dernière minute qui serait susceptible, comme ce fut le cas lors de la dernière élection présidentielle américaine, de mettre un politicien populiste à la tête de la cinquième puissance économique mondiale", commente Christopher Dembik, responsable de la recherche macroéconomique chez Saxo Banque.

Plus qu'un soutien à François Fillon, ce sont surtout les conséquences d'un retrait de sa candidature que les marchés appréhendent. Il laisserait un espace à droite dont serait susceptible de profiter Marine le Pen. Or l'arrivée au pouvoir de la candidate du Front national serait, pour de nombreux analystes, synonyme d'éclatement de la zone euro. La mise en examen de François Fillon, même si elle ne débouchera pas nécessairement sur une condamnation, ne peut que renforcer la perception de ce risque par les investisseurs. Et la campagne est encore longue.