La France n'est pas le repoussoir que certains patrons américains aiment parfois dépeindre. Au contraire, en 2016, les entreprises étrangères ont été nombreuses à s'implanter ou à étendre leurs capacités de production dans l'Hexagone. Business France, l'agence publique chargée de promouvoir l'attractivité du pays, a recensé 1117 décisions d'investissements physiques l'année dernière, un chiffre en hausse de 16% par rapport à 2015.  "C'est la meilleure année depuis 10 ans", a souligné Muriel Pénicaud, sa directrice générale, lors d'une conférence de presse mardi 21 mars.

La moitié de ces projets correspondent à de nouvelles implantations, 40% à des extensions de sites existants et environ 10% sont des rachats. Au total, ces investissements ont permis de créer ou sauvegarder 30 000 postes. Si ce chiffre peut paraître décevant car en baisse de 11% par rapport à 2015, il s'explique par l'absence de grosse opération de rachat. Pour Muriel Pénicaud "30.000 emplois maintenus ou sauvegardés en direct, ce qui fait à peu près le double en indirect, ça ne sauve pas la France du chômage mais ça sauve une ville chaque année."

L'industrie et la logistique ont concentré 25% des décisions d'investissement et 37% des créations d'emplois. L'un des plus gros investissements est celui de l'américain FedEx qui a annoncé mettre 200 millions dans l'extension de sa plateforme de distribution à Roissy-Charles de Gaulle. Les installations de quartiers généraux ont également progressé, passant de 27 en 2015 à 36 en 2016. Parmi eux, le laboratoire américain Merck qui a choisi Puteaux pour son QG hors États-Unis. Enfin, environ 10% des projets sont dédiés à la recherche-développement.

L'année 2016 a vu un changement de hiérarchie au niveau des principaux pays investisseurs, l'Allemagne (17% des projets, en hausse de 35%) passant pour la première fois devant les Etats-Unis (16%). "Les industriels allemands sont très attentifs aux aspects de productivité" et le coût de la main d'oeuvre dans l'industrie manufacturière est "très légèrement inférieur en France depuis le crédit d'impôt compétitivité emploi", a commenté Muriel Pénicaud. Suivent l'Italie (13% des projets, en hausse de 68%), le Royaume-Uni (8%) et le Japon (6%).

Quelles sont les tendances pour 2017 ? Business France a évoqué des discussions sur "plus de projets que l'année dernière à la même date", sans compter un éventuel effet positif du Brexit. Les investisseurs pourraient cependant attendre le lendemain des élections pour confirmer leurs intentions. "Si on ne ferme pas les frontières (après les élections, ndlr), la tendance est bonne", a conclu Muriel Pénicaud.