"Nous avons eu 600 milliards d'euros de dette supplémentaire durant le précédent quinquennat. Moi, l'engagement que je prends, c'est qu'il n'y ait pas un euro de plus (de dette) à la fin de mon quinquennat". La promesse de François Hollande lors de la présentation de son premier budget en 2012 est depuis longtemps enterrée. Au cours des quatre dernières années, la dette publique française a en effet augmenté de 300 milliards d'euros dont 49 milliards supplémentaires en 2016, selon les chiffres publiés vendredi par l'Insee.

"Fin 2016, la dette des administrations publiques (dette brute consolidée en valeur nominale) s'élève à 2 147,2 Md€. Elle s'accroît de 49,2 Md€ en 2016, après +60,2 Md€ en 2015. Elle atteint 96,0 % du PIB fin 2016, après 95,6 % fin 2015, soit +0,4 point", a précisé l'institut dans ses "comptes de la nation" pour le quatrième trimestre 2016.


Dette au sens de Maastricht des administrations publiques en point de PIB (source: Insee)




A 96% du PIB, le taux d'endettement de la France ressort nettement au-dessus de la moyenne européenne (90%) mais reste loin de ceux du Portugal (129%), de l'Italie (130%) ou de la Grèce (170%). Il n'empêche, pour François Fillon, "avec 100% d’endettement, on est entré dans la zone rouge". Pour le candidat Les Républicains à la présidence la France est à la merci d'une remontée des taux d'intérêt qui risque de faire grimper encore le ratio d'endettement et surtout de réduire les marges de manœuvre budgétaires du pays.

Si la hausse de la dette a ralenti ces dernières années, c'est notamment dû à la baisse des taux d'intérêt qui a permis à la France de se "refinancer" à moindre frais. La baisse des taux a également favorisé la diminution du déficit public, passé de 5,1% du PIB au début du quinquennat à 3,4% fin 2016. D'après un rapport de la Cour des comptes publié le 19 janvier dernier, 40% de ce rééquilibrage des comptes publics est due aux conditions financières exceptionnelles sur les marchés. Or, celles-ci ne dureront pas. "Il semble peu probable que la France puisse s’endetter durablement à de tels taux", reconnaît l'Agence France Trésor. Maintenir la dette publique sous la barre des 100% sera l'un des nombreux défis du prochain quinquennat.