Au fil des élections, les tribunes d'économistes affichant leur soutien à tel ou tel candidat sont devenues un passage obligé. En 2017 la nouveauté réside dans la multiplication des prises de positions contre des candidats dont les programmes sont jugés dangereux pour la France.

Ainsi dans un texte publié mercredi sur le site internet de l'hebdomadaire L'Obs, Olivier Blanchard, ancien chef économiste du Fonds monétaire international (FMI), et Charles Wyplosz, professeur à l'Institut des hautes études de Genève, s'attaquent à Jean-Luc Mélenchon et à son programme de dépenses - augmentation du smic de 20%, baisse de l'âge de la retraite à taux plein à 60 ans, revalorisation les salaires des fonctionnaires et les aides sociales. La mise en application de ce programme et le brouillage qui s'ensuivrait avec l'Allemagne provoquerait selon eux une envolée des taux d'emprunt de la France, des particuliers et des entreprises, poussant le président à évoquer une nationalisation des banques et un contrôle des changes. Soit peu ou prou les mêmes conséquences que celles envisagées dans le cas d'une victoire de Marine le Pen.

Macron adoubé

La présidente du FN reste d'ailleurs la principale cible des économistes. Ainsi dans une tribune de soutien à Emmanuel Macron publiée ce jeudi par le journal Le Monde, quarante économistes évoquent leur "certitude que la victoire de Marine Le Pen serait une catastrophe économique, sociale et démocratique". Quelques heures plus tôt, le prix Nobel d'économie Paul Krugman, connu ses critiques de l'euro et des politiques d'austérité, a également pris ses distances avec la candidate du FN. «Désolé, mais la France n'est pas assez grande pour prospérer avec des politiques économiques centrées sur elle-même, nationalistes». «Le fait que Le Pen et des économistes comme moi soient critiques envers la politique européenne ne signifie pourtant pas que nous avons quelque chose en commun», a-t-il souligné.

Après avoir engrangé les soutiens politiques parfois inattendus, Emmanuel Macron semble rééditer la performance avec les économistes. La tribune des '40' rassemble un panel assez prestigieux d'enseignants-chercheurs parmi lesquels Philippe Aghion, Elie Cohen, Jacques Delpla, Jean Paul Fitoussi, Hélène Ray et Emmanuel Farhi. Le candidat du PS Benoît Hamon peut compter sur les soutiens de Thomas Piketty et de Julia Cagé qui ont inspiré ses propositions de revenu universel et de réforme de la zone euro. Quant à François Fillon ses soutiens dans le monde académique se font discrets à l'exception de Philippe Chalmin, spécialiste des matières premières à Paris Dauphine.