Le CAC 40 évolue sur des plus hauts de dix ans ce lundi au lendemain du 1er tour de l'élection présidentielle française, avec un secteur bancaire en grande forme et une baisse de l'aversion au risque. Vers 11h45 l'indice parisien s'adjuge 4,3% à 5280 points, retrouvant ainsi son niveau de la fin 2007.

Les investisseurs ont échappé au scénario qu'ils redoutaient, à savoir un duel Mélenchon-Le Pen synonyme de remise en cause de l'euro et de la dette publique française. A la place c'est un match entre Emmanuel Macron et Marine le Pen qui sera tranché le 7 mai. Le candidat d’En marche! a en effet obtenu 23,86 % des voix exprimées aui 1er tour, contre 21,43% pour la candidate du Front national, d'après les chiffres provisoires (97 % des inscrits reçus) communiqués par le ministère de l’intérieur. Deux sondages publiés dimanche soir donnent M. Macron vainqueur au second tour par 62 ou 64% des voix.

"Il n'y aura donc pas eu d'effet Trump ou Brexit. Et la victoire probable d'Emmanuel Macron éloigne les perspectives d'éclatement de l'Europe", a commenté ce matin Nicolas Forest, Directeur de la gestion obligataire chez Candriam. 'Emmanuel Macron est un réformateur centriste pro-européen, ce qui rassurera grandement les investisseurs internationaux... Nous pouvons donc nous attendre à voir une surperformance du secteur financier en France et en Europe, illustrant la baisse du risque politique, ce qui bénéficiera à l'ensemble des marchés actions européens', a ajouté Vincent Durel, gérant du fonds FF France Fund.

Les analystes de Kepler Cheuvreux avaient relevé dès la semaine dernière leur recommandation sur les banques européennes à "surpondérer" mettant en avant "les signes persistants d'une amélioration de l'activité économique en Europe, le relèvement attendu des anticipations d'inflation et la levée du risque entourant l'élection française". A l'intérieur du secteur, les banques françaises ont légèrement sous-performé ces dernières semaines ce qui peut expliquer l'ampleur de leur rebond aujourd'hui. Société Générale s'adjuge ainsi 9,7%, devant Crédit Agricole (8,9%), BNP Paribas (9,7%) et Natixis (7,9%). L'indice Stoxx Europe 600 du secteur prend quant à lui 4,5%.

Parmi les autres réactions observées sur les marchés, la progression de l'euro face au dollar et la baisse des rendements de la dette publique française, ainsi que ceux des grandes entreprises cotées.