S’exprimant lors d’une conférence de presse organisée ce jeudi 11 mai, Frédéric Rollin analyse le recul du marché des actions français à la lumière du comportement des investisseurs américains, de la publication de statistiques économiques décevantes et d’un regain d’inquiétude à propos de la Chine.

Après le fort rebond du Cac 40 la semaine dernière, sous l’impulsion des sondages qui donnaient largement vainqueur Emmanuel Macron contre Marine Le Pen à l’issue du second tour des élections présidentielles, les investisseurs internationaux, en particulier les investisseurs américains ont décidé de prendre leur bénéfices ce début de semaine. Ils ont en cela acheté la rumeur pour vendre la nouvelle. "Considérant les actions françaises dans une optique plus satellitaire, ces investisseurs ont une démarche plus spéculative sur les positions détenues dans cette classe d'actifs que les investisseurs européens", éclaire Frédéric Rollin.

Qui plus est, l’indice PMI des Etats-Unis dévoilé ce mardi par le cabinet d’étude Markit s'est révélé empreint d’une certaine morosité. La production des biens de consommation a notamment connu son plus faible taux de croissance en dix mois. L’étude a accentué le questionnement sur l’atteinte d’un haut de cycle outre-Atlantique qui devrait désormais laisser place à un essoufflement.

Enfin et non des moindres, la volonté affichée par les autorités chinoises de réduire le stimulus apporté à la dynamique du pays à travers les  courroies de transmission monétaire et budgétaire a ravivé les inquiétudes de certains investisseurs à propos d’un atterrissage brutal de la croissance chinoise.

Ce sont l'ensemble de ces points réunis qui explique le fléchissement de la Bourse parisienne ces derniers jours. 

Cependant, la baisse du Cac 40 devrait être temporaire, assure Frédéric Rollin. Ce dernier indique avoir une vision positive sur les actions européennes en général et sur les actions françaises plus singulièrement. L’expansion des multiples aidée par une contraction de la prime de risque politique et le maintien d’une politique accommodante de la Banque centrale européenne ainsi que l’accroissement des bénéfices des entreprises devrait donner lieu à un surplus de performance d’ici la fin de l’année.

Par ailleurs, les craintes relatives à l'état de santé économique des Etats-Unis et de la Chine ont vocation à s'atténuer au cours des prochaines semaines à mesure que seront annoncés des indicateurs rassurante. 

Pour profiter du redémarrage du rallye, seront alors a privilégier les secteurs directement impactés par la consolidation de la reprise en Europe (comme le secteur bancaire), ceux qui devraient être destinataires d’une hausse des investissement (comme la haute technologie : robotique, digital, sécurité).

Les sociétés de services aux collectivités et les opérateurs télécoms devraient également être en mesure de tirer leur épingle du jeu en raison de la persistance de taux bas.

En revanche un biais négatif sera à apporter au secteur de la consommation discrétionnaire dans la mesure où l’inclination à l’achat des ménages devrait perdre de sa vigueur.