Comme pressenti, le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler a annoncé lundi 15 mai la nomination d'Edouard Philippe, maire Les Républicains du Havre, au poste de Premier ministre. Le reste du gouvernement devrait être dévoilé mardi.

Le choix de ce fidèle Alain Juppé pour Matignon fait partie de la stratégie d'Emmanuel Macron d'éclater les blocs partisans à droite comme à gauche. Edouard Philippe incarne également un renouvellement de génération puisqu'il a 46 ans. Il reste un inconnu pour la plupart des Français.

Militant au parti socialiste de Michel Rocard dans les années 1990, lorsqu'il était étudiant à Sciences Po, Edouard Philippe a fait sa carrière politique à droite. C'est "Rocard, qui avait largement conditionné mon intérêt pour la vie politique, et Juppé, qui est celui qui, pour moi, incarne le mieux ce que doit être un responsable politique et un président", expliquait-il au Point en juillet dernier. En 2002, il est nommé par Alain Juppé secrétaire général de l'UMP nouvellement créée. Battu aux législatives la même année il entame une carrière d'avocat dans un grand cabinet américain puis s'occuper des relations publiques d'Areva. En 2010 il revient dans la vie politique à l'occasion de la démission de son mentor Antoine Rufenacht de la mairie du Havre. Il est élu maire puis député en 2012.

Porte-parole d'Alain Juppé pendant la campagne des primaires de la droite, Edouard Philippe a renoncé à soutenir François Fillon après la mise en examen de ce dernier. Au cours de la campagne Edouard Philippe a également lancé quelques piques à Emmanuel Macron qu'il a présenté comme un "banquier technocrate" qui n'aurait ni le charisme d'un Kennedy, ni les principes d'un Mendès-France. Cependant, outre un parcours assez similaire, les deux hommes partagent un certain nombre d'idées-force dont l'attachement à la construction européenne et la nécessité d'un renouvellement du système politique français.

Dans une tribune publiée par Libération entre les deux tours de l'élection présidentielle, Edouard Philippe écrivait : "Le vainqueur de dimanche n'aura pas le choix. Si c'est Emmanuel Macron, il devra transgresser. Sortir du face-à-face ancien, culturel, institutionnalisé et confortable de l'opposition droite-gauche pour constituer une majorité d'un nouveau type. Son chemin sera étroit. Et risqué ». Il sera désormais en première ligne sur ce chemin, et ce, pour la durée du quinquennat. C'est en tout cas le souhait exprimé à plusieurs reprises par le chef de l'Etat.