Malgré ses efforts, Paris reste le mauvais élève de la zone euro en matière de déficit public. D'après les prévisions de la Commission européenne, le déficit français devrait atteindre 3% du PIB en 2017 et 3,2% en 2018 si aucune mesure corrective n'est prise par le nouveau gouvernement. C'est nettement plus que la moyenne européenne, tombée à 1,5% en 2016.

Au sein de l'Union européenne, seuls quatre pays relèvent encore de la procédure dite de "déficit excessif", alors qu'ils étaient 24 dans ce cas en 2011. Il s'agit de la France, de l'Espagne, du Royaume-Uni et de la Grèce. La Croatie et le Portugal devraient, eux, sortir de la procédure dans les prochaines semaines.

En déplacement à Berlin ce lundi, le nouveau ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire, a réaffirmé que la France tiendrait ses engagements, à savoir une baisse du déficit public à 2,8% du PIB cette année et 2,3% en 2018. "C'est un engagement qui a été pris par le président de la République française (Emmanuel Macron, ndlr) et je suis comptable du respect de cet engagement", a-t-il dit à l'issue d'une rencontre avec son homologue allemand Wolfgang Schäuble. Il a précisé que le nouveau gouvernement attendrait les résultats de l'audit sur l'état des finances publiques que remettra fin juin ou début juillet la Cour des comptes pour évaluer l'effort nécessaire pour y parvenir. L'objectif affiché par Emmanuel Macron dans son programme est une baisse de 60 milliards des dépenses publiques sur la durée du quinquennat.

Rappelons que le gouvernement de Manuel Valls avait prévu une baisse de 50 milliards au cours de la période 2015-2017. Cependant, selon la Commission européenne, ces économies n'ont été que partiellement mises en œuvre. Il faudra donc un "effort substantiel" de baisse des dépenses publiques en 2018 pour espérer remettre la France sur la bonne trajectoire, d'autant plus que le pays risque d'emprunter à des taux plus élevés l'année prochaine. La Commission se dit cependant prête à faire preuve de "souplesse" dans l'évaluation des prochains budgets afin de tenir compte des perspectives de croissance plus favorables en France et dans l'ensemble de la zone euro.