Avec 779 projets d'investissement annoncés par des entreprises étrangères, la France est restée en 2016 le troisième pays le plus attractif d'Europe, selon le baromètre EY publié mardi. Si l'ensemble de l'Europe a attiré davantage d'investissements étrangers (+15%) l'Hexagone a bénéficié d'un net regain de popularité puisque les projets y ont fait un bond de 30%. Ainsi, la France a rattrapé une partie de son retard sur le Royaume-Uni qui commence à ressentir un premier "effet Brexit" (1144 projets d’investissements, +7%) et sur l’Allemagne (1063 projets, +12%).

La France est notamment la première destination en Europe pour les implantations industrielles et la deuxième pour les plateformes logistiques. Par ailleurs, "en accueillant 51 centres de R&D en 2016 (soit 6 de plus qu’en 2015), la France affirme de mieux en mieux son rôle central dans l’économie européenne de la R&D et de l’innovation. 50% des dirigeants interrogés estiment que l’innovation et la recherche sont l’atout numéro 1 de la France pour renforcer son rôle dans l’économie mondiale", souligne EY. En revanche l’accueil de sièges sociaux reste à un niveau "très insuffisant" : 16 en 2016, soit 7 fois moins que le Royaume-Uni, ajoute le cabinet.

Au-delà du nombre de projets, le rapport souligne l'amélioration de l'image de la France auprès des chefs d'entreprises étrangers. "Elle est jugée assez ou très satisfaisante par 73% des 203 dirigeants interrogés alors qu’elle se situait auparavant en deçà de leurs attentes (62% en 2014)". L'allègement des charges des entreprises via le crédit impôt compétitivité emploi (CICE) semble avoir fait son effet. Cependant, la fiscalité reste pour 55% des dirigeants le principal handicap de la France, devant la complexité administrative (46%) et la rigidité du code du travail (39%).

Le regain d'attractivité de la France en 2016 ne doit pas faire oublier que la concurrence reste forte avec nos voisins, selon EY. "La France doit et devra se battre pour continuer à attirer et retenir les investissements étrangers sur son sol", a martelé Marc Lhermitte, associé responsable du programme Attractivité. A ce stade seul un quart des entreprises interrogées par le cabinet indiquent avoir des projets d'implantation en France pour 2017 ou 2018. "C'est trop faible pour rattraper l'écart sur nos deux principaux concurrents", ajoute-t-il. Les réformes promises par Emmanuel Macron pourraient changer la donne, à condition bien sûr qu'elles soient mises en œuvre rapidement.