Quel comportement adopter après une hausse de près de 35% depuis l'été 2016 sur le CAC 40 ? Beaucoup d'investisseurs se posent aujourd'hui la question et se demandent s'il est encore temps de prendre le train en marche ou s'il faut au contraire sauter. Ni l'un ni l'autre répondent les analystes de B*Capital, filiale de conseil et de gestion sous mandat de BNP Paribas Banque Privée. La tendance haussière sur les actions européennes devrait se poursuivre d'ici la fin de l'année mais, à court terme, une "respiration" est probable selon eux. Outre le besoin des investisseurs de souffler après un début d'année en fanfare, on entre dans la période estivale qui a rarement été faste pour la bourse de Paris. "Cette saisonnalité adverse peut être l'occasion de faire son marché, avant une phase de hausse qui pourrait nous emmener dans la zone des 5600 à 5800 points en fin d'année", souligne Bertrand Lamielle, directeur de la gestion de B*Capital.

Selon lui il reste de nombreuses opportunités à saisir dans l'univers des actions européennes. Les trois quarts des valeurs (mid et large cap) sont dans une tendance haussière car elles bénéficient notamment de consensus d'analystes positifs, contre la moitié seulement aux Etats-Unis. "Nous nous intéressons surtout aux valeurs qui surperforment leur secteur soit environ 40% de la cote", ajoute-t-il.

Parmi ces actions ayant le vent en poupe il cite Allianz, Axa, Biomérieux, Bayer, Moncler, Inditex (Zara), Sanofi, Rubis, Atos, Casino ou encore Saint Gobain. Les leaders de secteurs comme Air Liquide, Cap Gemini, Eurofins ou L'Oréal bénéficient également d'une prime dans le contexte actuel. En revanche Total, Vallourec, Daimler ou encore Dassault Systemes, en dépit d'un parcours boursier honorable, risquent de décevoir et peuvent être arbitrées au profit d'autres valeurs dans leurs secteurs respectifs. Le gestionnaire juge également trop risqué de se positionner sur ArcelorMittal, Carrefour ou encore Gemalto dont les dernières publications ont été sanctionnées par le marché.

"Nous ne prenons pas de pari contre le marché", précise Maxime Viémont, spécialiste de la finance comportementale chez B*Capital. L'objectif est au contraire de suivre les tendances de marché et d'en tirer le maximum de performance. "Il est illusoire de penser qu'on pourra acheter au point bas et revendre au point haut. En revanche, nous faisons en sorte d'acheter juste après un creux, et de revendre après le pic, afin de profiter des tendances haussières longues", ajoute-t-il.

Pour ce faire, la société a recours à des outils d'analyse quantitative et technique qui lui permettent de déterminer à quel moment une valeur a passé ces points d'inflexion. Il revient ensuite aux gérants d'en tirer toutes les conclusions. "C'est parfois difficile, car on peut tomber amoureux de certaines valeurs", reconnaît Bertrand Lamielle. Pour les gérants comme pour les investisseurs individuels, lutter contre ce genre d'émotions est une des clés de la performance.