Un raz-de-marée. C'est l'image qui se dégage du vote des Français dimanche, qui semblent vouloir donner une majorité claire à Emmanuel Macron. D'après les chiffres du ministère de l'Intérieur, La République en Marche ! obtient 28,2% des suffrages au 1er tour, loin devant Les Républicains (15,7%) et le Front national (13,2%). Le Parti socialiste est relégué en cinquième position (7,4%) derrière La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon (11%). L'abstention record (51%) lors de ce premier tour a joué en défaveur des partis traditionnels, notamment le FN. 

En vertu du système majoritaire, le parti présidentiel devrait rafler entre 400 et 450 députés sur 577 dimanche prochain, selon les projections réalisées par trois instituts de sondage. D'après les analystes de Barclays, cette large majorité devrait permettre une mise en œuvre rapide des réformes promises par Emmanuel Macron, en particulier celle du code du travail. La loi d'habilitation autorisant le président à légiférer par ordonnances devrait être votée en juillet pour une application de ces ordonnances dès la rentrée. Cela "soutient notre prévision de croissance de 1,5% en France cette année et 1,8% en 2018, à laquelle est désormais associée un risque haussier", écrit Barclays. La Banque de France a d'ailleurs confirmé lundi sa prévision d'une croissance de 0,5% au deuxième trimestre contre 0,3% au premier, en soulignant l'amélioration des carnets de commande dans l'industrie et le dynamisme des services.

Le secteur technologique sous pression

Ces signaux positifs ne semblent toutefois pas suffisants pour relancer l'appétit des investisseurs. Vers 11h le CAC 40 cède 0,8% en ligne avec les autres places européennes. Les valeurs technologiques accusent le coup après le repli de 2,7% du Nasdaq vendredi. L'indice américain a flanché sous le poids d'Apple (-3,9%), victime de rumeurs sur les performances de son nouvel iPhone, alors que le spectre d'une nouvelle bulle technologique hante toujours Wall Street. A la bourse de Paris, STMicroelectronics lâche 6,9% ce matin, Cap Gemini et Nokia 1,8%.

La fébrilité des investisseurs s'explique également par la proximité de la réunion de la Réserve fédérale américaine, mardi et mercredi. Le consensus table sur une nouvelle hausse des taux de la Fed, la deuxième cette année, malgré des signes de ralentissement de l'économie américaine. Les commentaires de Janet Yellen sur la suite de sa politique monétaire seront écoutés avec attention.

Le résultat des élections françaises a cependant un impact sur le marché obligataire, où le rendement des obligations tricolores est en baisse ce lundi. La volonté d'Emmanuel Macron de relancer l'intégration européenne, en partenariat avec l'Allemagne, est appréciée par les investisseurs.