En dépit de la large victoire de l'alliance LRM/Modem aux élections législatives, ça tangue au sein de l'exécutif. Au moins deux ministres sont sur le départ ce mardi alors que le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner avait annoncé hier un remaniement "technique".

Richard Ferrand, le ministre de la cohésion des territoires visé par une enquête sur ses opérations immobilières lorsqu'il était à la tête des Mutuelles de Bretagne, va briguer la présidence du groupe La République en Marche! à l'Assemblée nationale, selon son entourage. Réélu dimanche dans sa circonscription du Finistère, il a été reçu lundi par le président de la République qui lui a proposé ce poste de chef de la majorité. Plusieurs responsables politiques dénoncent déjà une "exfiltration". « Nous dénonçons l’hypocrisie consistant à donner la présidence d’un groupe qui se veut l’incarnation d’un renouvellement des pratiques à un homme sérieusement mis en cause », a commenté le secrétaire général du parti Les Républicains (LR), Bernard Accoyer.

De son côté la ministre de la Défense Sylvie Goulard a demandé au président de la République de ne pas faire partie du prochain gouvernement, afin de pouvoir démontrer sa "bonne foi" dans le cadre d'une enquête sur les assistants parlementaires du Modem. « Dans l'hypothèse où l'enquête préliminaire visant le Modem conduirait à vérifier les conditions d'emploi de mes assistants au Parlement européen, je souhaite être en mesure de démontrer librement ma bonne foi et tout le travail que j'y ai accompli », écrit l'ancienne eurodéputée dans un communiqué transmis par son cabinet. « Le président de la République a entrepris de restaurer la confiance dans l'action publique, de réformer la France et de relancer l'Europe. Cette entreprise de redressement doit l'emporter sur toute considération personnelle. »

Deux autres ministres sont visés par cette enquête : le Garde des Sceaux François Bayrou et la ministre aux Affaires européennes Marielle de Sarnez, respectivement numéro un et deux du Modem. Suivront-ils l'exemple de Sylvie Goulard ? Seront-ils démissionnés par le chef de l'Etat lui-même au risque de rompre l'alliance avec le parti centriste ? Emmanuel Macron devrait trancher rapidement. Le nouveau gouvernement sera annoncé d'ici mercredi, 18h, a indiqué l'Elysée.