Quelques jours après qu'un audit de la Cour des Comptes avait dévoilé un risque de dérapage budgétaire de 8 milliards d'euros pour 2017, Edouard Philippe a prononcé mardi un discours de politique générale sous le signe du sérieux budgétaire. Le Premier ministre a fixé comme objectif de baisser les dépenses publiques de 3 points de PIB d'ici la fin du quinquennat tout en allégeant la pression fiscale d'un point. "Il y a une addiction française à la dépense publique (...) Mon objectif est de ramener le déficit sous la barre des 3% dès 2017", a précisé l'ex maire du Havre devant les députés, assurant que "les contribuables ne seront pas la variable d'ajustement du budget."

D'importantes mesures fiscales seront cependant mises en œuvre l'année prochaine, conformément au programme d'Emmanuel Macron. La hausse de 1,7 point de la CSG, destinée à financer 20 milliards d'euros d'allègements de charges sur les salaires (suppression des cotisations salariales d'assurance maladie et chômage) est confirmée. Le Premier ministre a en outre annoncé une augmentation de la prime d'activité car "le travail doit payer", selon lui. Sont également prévues une amélioration du congé maternité et une revalorisation de l'allocation adulte handicapé ainsi que du minimum vieillesse.

En revanche certaines mesures potentiellement coûteuses pour les finances de l'Etat ont été reportées. Ainsi la réduction de l'assiette de l'ISF au seul patrimoine immobilier ne prendra effet qu'en 2019 et non pour l'année fiscale 2018 comme initialement prévu. De même, du côté des entreprises, la transformation du crédit impôt compétitivité emploi (CICE) en allègement de charges. Elle attendra au moins un an. Quant à la suppression de la taxe d'habitation pour 80% des ménages, elle est reportée à la deuxième partie du quinquennat. Le gouvernement dit vouloir engager une concertation avec les collectivités locales, très remontées contre cette mesure. "Je sais cette réforme attendue par les contribuables, mais redoutée par les élus. La taxe d’habitation est aussi nécessaire aux budgets locaux qu’elle est injuste dans son calcul et son évolution pour les contribuables", a estimé Edouard Philippe. Bien qu'il ne l'ait pas évoquée dans son discours de politique générale, une baisse des dotations de l'Etat aux collectivités fait également partie des mesures envisagées par le gouvernement.