Le gouvernement ne touchera pas à la fiscalité de l'épargne en 2018. C'est en substance ce qu'a indiqué Edouard Philippe hier lors de son discours de politique générale. Certes, le Premier ministre souhaite faire adopter dès le prochain budget une réforme de l'ISF, mais celle-ci n'entrera en vigueur qu'en 2019. Quitte à mécontenter de nombreux chefs d'entreprises qui, comme l'avait souligné Emmanuel Macron dans son programme, "diffèrent leur départ en retraite pour retarder le moment où ils perdront leur exonération d’ISF". Le chef de l'Etat s'était également inquiété du rôle de l'ISF dans l'expatriation de "centaines de contribuables chaque année".

D'où sa proposition de recentrer l'ISF sur le seul patrimoine immobilier. Ce nouvel impôt sur la fortune immobilière (IFI) s'appliquerait donc en 2019 en reprenant le barème de l'ISF actuel. D'après les estimations du gouvernement, il en résulterait un allègement de la pression fiscale pour la moitié environ des redevables, et un coût pour les finances publiques d'environ 2 milliards d'euros.

La deuxième mesure prévue dans le programme d'Emmanuel Macron et confirmée hier par le Premier ministre est l'instauration d'une "flat tax" d'environ 30% sur les revenus de l'épargne (intérêts, dividendes, plus-values, etc). Celle-ci "viendra compléter la réforme de la fiscalité du patrimoine", a assuré Edouard Philippe, sans préciser la date de sa mise en œuvre. Mais en principe, les deux mesures – ISF et fiscalité de l'épargne- vont de pair et ce sera donc en 2019. "Le but n’est pas de baisser globalement la fiscalité des revenus du capital mais de la rendre plus lisible et plus efficace", avait précisé Emmanuel Macron dans son programme.

Quid de l'assurance vie dans ce schéma ? Le placement préféré des Français est a priori concerné par la réforme de la fiscalité du patrimoine prévue en 2019, certains revenus au-delà de 150 000 euros d'encours pouvant être soumis à la fameuse flat tax. Mais il est encore trop tôt pour connaître les détails de cet ajustement. Une chose est sûre, les sommes versées en 2017 et 2018 sur les supports continuent à bénéficier des avantages fiscaux en vigueur.