L'Etat actionnaire veut financer les start-up plutôt que les grands groupes. Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a annoncé mercredi que l'Etat allait procéder dans les mois à venir à des cessions de participations "importantes" afin d'alimenter un fonds de 10 milliards d'euros dédié à l'innovation.

"J'assume d'annoncer d'ici quelques mois des cessions d'actifs importantes dans les entreprises publiques qui permettront au contribuable de savoir que son argent est placé pour le futur et pas pour le passé", a déclaré le ministre lors d'un événement à Paris sur l'attractivité de la capitale et de la région Ile-de-France. "Nous mettrons 10 milliards d'euros à disposition pour financer l'innovation et en particulier l'innovation de rupture", a-t-il précisé.

Pendant sa campagne, Emmanuel Macron avait évoqué le désengagement de l'Etat d'entreprises "non stratégiques". Dans une interview à La Tribune M. le Maire a précisé ce qu'il entendait par secteurs stratégiques, à savoir la défense, l'énergie et le nucléaire. Cela laisse un choix assez vaste d'entreprises où la participation de l'Etat pourrait être réduite, même si le ministre n'a cité aucun nom. Parmi elles Air France, Orange, Aéroports de Paris, Renault ou encore PSA. Le sort de Renault semble d'ores et déjà scellé, l'Etat ayant promis de ramener sa participation dans le constructeur autour de 15% contre 19,7% aujourd'hui après un bras de fer avec la direction autour des droits de vote. Cette cession de 5% du capital pourrait lui rapporter un peu plus d'1 milliard d'euros aux cours actuels.

Le titre Renault a d'ailleurs pris la tête du CAC 40 jeudi, s'adjugeant 1,7% vers 10h. Sur le SBF 120, Air France gagne 2,3% au lendemain d'une baisse de 3,3%.