La Bourse fait-elle toujours fuir les Français ? Un sondage Kantar TNS dévoilé lundi par l'Autorité des marchés financiers (AMF) souligne un léger regain d'intérêt pour les marchés financiers, même si la part de ménages détenant des actions en direct reste très minoritaire.

"La détention d’actions a baissé depuis les années 2000, mais semble avoir rebondi en 2017. Représentant 13,8% en 2008, le taux de détention directe déclaré s’établit à 7,6 % en mars 2017 après avoir touché un point bas en 2016 (6,2 %)", note l'AMF. Plus largement, la détention de valeurs mobilières (actions, obligations, placements collectifs) est passée de 18,7 % de la population en 2008 à 10,3 % en mars 2016, puis à 11,7 % début 2017, selon ce baromètre réalisé auprès d'un échantillon de 12 000 personnes de 15 ans et plus.

La hausse du CAC 40 depuis un an (+20%) n'est certainement pas étrangère à ce regain d'intérêt. Mais l'investissement en actions se heurte encore à de nombreux "freins psychologiques". Les valeurs mobilières "ne font pas partie du paysage naturel de l'épargnant", déplore l'AMF. "Il les ignore, convaincu qu’elles ne s’adressent qu’à des 'boursicoteurs", bien éloignés de son profil". Les Français préfèrent les produits sans risque - livret A, assurance vie en euros - ainsi que l'immobilier, perçus comme de bons placements pour la retraite.

Reconsidérer les actions dans une optique de long terme

Or, c'est une erreur d'appréciation, selon l'AMF. "L’épargne liquide et garantie n’est pas sans risque car elle ne garantit pas de maintenir le pouvoir d’achat de l’épargne, le niveau de l’inflation étant difficilement prévisible sur longue période. Les observations sur les 150 dernières années montrent que les placements en actions ont constitué l’actif financier le plus apte à maintenir le pouvoir d’achat de l’épargne placée à long terme".

Alors qu'elles sont souvent perçues comme un placement de court terme destiné à réaliser des "coups financiers", les actions doivent au contraire être considérées comme des investissements à long terme, selon l'AMF. Sur longue période, en effet, le risque de perte en capital est "sensiblement réduit", pourvu que l'on diversifie suffisamment ses placements (titres vifs, OPCVM, ETF, etc). Le rendement est, lui, nettement supérieur aux placements monétaires. Ainsi, sur les trente dernières années, un Français qui aurait réalisé des placements réguliers sur les principaux indices boursiers mondiaux (CAC 40, Dax, S&P 500, Footsie, Topix) et conservé ses titres au moins 20 ans aurait bénéficié d'un rendement annuel moyen de 5,3%, et ce, en dépit de plusieurs crises financières.

L'AMF ne recommande pas pour autant de placer l'intégralité de son épargne de long terme en actions. Le bon réflexe consiste à effectuer des placements réguliers, pour des montants limités, afin de diminuer le risque d'"entrer" juste avant une baisse importante du marché. Et de ne pas subir le genre de désillusion qui tient aujourd'hui de nombreux épargnants à l'écart de la bourse.