Et si 2017 était l'année des small&mid caps ? Depuis le début de l'année l'univers des petites et moyennes valeurs est en ébullition, en France et dans le reste de la zone euro. L'indice CAC Mid&Small affiche ainsi une hausse 16% depuis le 1er janvier, sa meilleure performance depuis 2005, battant largement le CAC 40 et ses 5,5% de hausse.

Plusieurs éléments expliquent cette surperformance, à commencer par l'amélioration de la conjoncture européenne. "Les valeurs moyennes sont davantage exposées aux marchés domestiques de la zone euro. Ces entreprises sont également plutôt tournées vers des activités cycliques, qu’elles soient industrielles ou technologiques. Très présentes sur les marchés de « niches », les valeurs moyennes subissent de façon moins marquée les aléas de la conjoncture globale", rappelle Charles Anniss, gérant de portefeuille à l'Union bancaire privée.

Avec une hausse médiane de 8% du chiffre d'affaires au premier trimestre, les sociétés du CAC Mid&Small ont ainsi réalisé leur meilleur début d'année depuis 2011. "Le newsflow est clairement favorable pour les PME-ETI. L’embellie de l’économie européenne se traduit dans les publications des entreprises et l’activité des fusions-acquisitions a rarement été aussi dynamique", souligne dans une note du 10 juillet la société d'analyse IDMidCaps. Les PME sont également moins sensibles aux évolutions de l'euro, dont l'appréciation récente face au dollar fait peser quelques inquiétudes sur les résultats des grands groupes au second semestre.

Valorisations élevées

Dans ce contexte, l'appétit des investisseurs pour les petites et moyennes valeurs devrait se confirmer au second semestre, même si le segment a marqué le pas en juillet-août. "Les conditions macro et microéconomiques demeurent favorables à l’univers des petites et moyennes capitalisations. Malgré leur hausse récente, les niveaux de valorisation restent tout à fait raisonnables. De nombreuses opportunités existent encore, notamment sur les valeurs françaises, espagnoles ou irlandaises", estime Charles Anniss.

Attention cependant à l'euphorie, qui n'est pas loin selon ID MidCaps. "La situation actuelle nous rappelle à bien des égards l’année 2007 tant en termes de valorisation que de volatilité ou d’opérations financières", note la société. La remontée des taux d'intérêt doit être suivie avec attention, dans la mesure où elle impactera davantage les conditions de financement des petites et moyennes entreprises. Et de rappeler que le premier semestre a vu de belles envolées boursières (Air France-KLM, Soitec, Ipsen…) mais aussi de lourdes chutes (CGG, Solocal, Groupe Flo…).

-> Lire aussi l'interview de
 Didier Roman, gérant du fonds Tocqueville PME (2/8/2017)