C'est une surprise fiscale dont les grands groupes français se seraient bien passés. Le gouvernement a validé jeudi en conseil des ministres une surtaxe sur les bénéfices des 320 plus grandes entreprises tricolores qui servira à financer le remboursement de la taxe sur les dividendes instaurée par le précédent gouvernement et invalidée début octobre par le Conseil constitutionnel.

Seules les entreprises réalisant plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2017 seront concernées par cette "contribution exceptionnelle à l'impôt sur les sociétés". Au lieu du taux normal d'impôt sur les sociétés (33%), elles devront s'acquitter d'un taux de 38,3% et même de 43,3% pour les groupes dont l'activité dépassera les trois milliards d'euros (environ 110 entreprises). "C'était ça ou sortir des clous européens", a expliqué le ministre de l'économie Bruno Le Maire mardi lors d'une audition à l'Assemblée nationale.

Alors que les profits du CAC 40 pourraient avoisiner leurs records cette année, Bercy attend un produit de 5,4 milliards d'euros de cette surtaxe, dont 4,8 milliards d'euros payables avant le 20 décembre. Le gouvernement entend ainsi maintenir le déficit budgétaire sous les 3% du PIB (2,9%) cette année tout en faisant face aux demandes de remboursements de l'ex taxe sur les dividendes.

En 2018, cependant, Bercy n'a pas prévu de mécanisme de compensation et prévoit une charge de 5 milliards d'euros pour le budget de l'Etat. Le ministère a en conséquence relevé son objectif de déficit public pour l'année prochaine à 2,8% au lieu de 2,6%.