Le point a été discuté hier ; la Fed, au travers de la parole du Président du Board, dit à la fois qu’elle veut plus d’inflation et qu’elle est vigilante face au risque de surchauffe. Comment l’investisseur doit-il se positionner ?

Disons qu’on a une impression de valse-hésitation, avec in fine une inclinaison à d’abord porter l’attention sur le risque de surchauffe. Le marché des titres d’Etat américain envoie le message d’une Fed un peu plus hawkish, mais sans trop d’effet sur la partie longue de la courbe : ce matin, le taux à 2 ans est de 6 points de base au-dessus du niveau observé au début de l’audition de Jay Powell devant une commission de la Chambre de représentants (à 2,26%) et celui à 10 ans, après avoir gagné plus de 8 points de base, a retrouvé à-peu-près son niveau initial (2,86% contre 2,85). Le marché des actions avait baissé de 1,6% (S&P 500) au cours et immédiatement après le dialogue de Powell avec les représentants. Hier, il a été plutôt stable avant de reculer durant la dernière heure et demi de cotation (de près de 1,6%).

Cette difficulté à savoir « sur quel pied danser » se retrouve dans une hausse de la volatilité. Le VIX est passé de 17, mardi en milieu d’après-midi (heure de Paris) à autour de 20 hier au soir à la fermeture de Wall Street. Finissons par le marché des changes et notons que depuis quelques petits jours l’écart de taux à 2 ans entre l’Allemagne et les Etats-Unis ré-influence le change EUR-USD. Celui-ci vaut 1,22 ce matin, contre plus de 1,23 mardi dernier dans la matinée.

Powell « remet cela » cet après-midi au Sénat (16h00, heure de Paris). Le marché va chercher à mieux comprendre la dialectique de la banque centrale américaine. Sur un fond d’analyse qui ne devrait pas changer, c’est donc à un exercice de communication que le Chairman of the Board devra se livrer.

 Hervé Goulletquer et Stéphane Déo, stratégistes pour La Banque Postale AM