Trois grandes forces politiques s'opposent :

- une coalition de centre droit (Forza Italia, Brothers of Italy et Ligue du Nord), avec 37 % des intentions de vote, lors du dernier sondage disponible, mais une concurrence entre Forza Italia (16 %) et Ligue du nord (15 %)
- une coalition de centre gauche (26 %), autour du Parti Démocrate (21 %)
- le Mouvement 5 étoiles (26 %)

Aucun de ces trois blocs ne devrait obtenir de majorité pour gouverner (1/3 majoritaire, 2/3 de proportionnelle). Il est vraisemblable (et c'est le pari des marchés) qu'aucune de ces grandes forces ne sorte vainqueur. Pour qu'une coalition obtienne une majorité des sièges, il faudrait, en effet, qu'elle obtienne 40 % des voix, ce qui semble peu probable.

Comme c’était le cas en 2011 avec Mario Monti, puis en 2013 avec Matteo Renzi, les chances d'avoir un gouvernement technique ou un compromis paraissent élevées. Le pourcentage des indécis dans les derniers sondages (publiés 15 jours avant les élections) était impressionnant (40%).



Matteo Salvini, le très controversé leader de la Ligue du Nord, parti anti-immigration et anti-Union européenne, sera au centre de l'attention ce week-end en Italie
 

Depuis le début de l'année, la dette et les actions italiennes surperforment leurs paires européennes. Les investisseurs paraissent anticiper un gouvernement technique ou de transition dont ils s'accommoderont à court-terme. Mais les chances de voir les réformes structurelles se prolonger sont minces et un ralentissement du cycle de croissance actuelle remettrait sous les feux de la rampe la problématique de la dette italienne, beaucoup trop élevée au regard de son économie.

Les marchés ne semblent donc pas anticiper une victoire de la coalition de centre droit pour plusieurs raisons. Forza Italia et la Ligue du nord sont en désaccord sur l'Union européenne et l'euro, et remettent en cause notamment la réforme des retraites. Les marchés semblent préférer un gouvernement d'union (Forza Italia-Parti démocrate) et parient sur un compromis politique même si l’incertitude est grande.

 Hubert Lemoine, Directeur de la gestion de Schelcher Prince Gestion (Arkéa IS)