Quelles vont-être les annonces du Président Draghi à partir de 14h30, lors de la conférence de presse ? Partons du constat de ce qui s’est passé depuis le dernier Conseil, en date du 25 janvier dernier : en termes d’économie réelle, l’impression que le rythme de croissance se positionne sur un plateau, que les indicateurs d’activité sont un peu moins favorables et que l’inflation n’accélère pas encore ; en termes politiques, une situation italienne plus mauvaise qu’attendu, une intégration européenne sans doute plus compliquée et plus longue à mettre en place et le «vent mauvais» qui souffle d’outre-Atlantique pour ce qui est des relations commerciales internationales ; quant aux marchés financiers, ils ont connu un épisode de stress, avec dorénavant un régime de volatilité plus élevé et une orientation des prix d’actifs moins facile à appréhender.

Vers un arrêt du QE en fin d’année

En quoi tout ceci modifie-t-il le regard et l’analyse de la BCE ? Du côté regard, disons que le nouveau jeu de prévisions, qui sera publié cet après-midi, devrait être largement inchangé : croissance stabilisée peu ou prou à un assez haut niveau cette année et ralentissement graduel les 2 suivantes, avec une inflation accélérant progressivement pour se rapprocher de sa cible en 2020. Pour ce qui est de l’analyse, «le langage se rapportant au réglage de la politique monétaire sera-t-il revu», comme il doit l’être en début d’année si on en croit les comptes rendus des Conseils de décembre et de janvier ? Ce qui signifierait moins d’emphase sur les achats de titres et plus sur les taux directeurs. Sans doute pas, à cause de l’environnement actuel incertain. Sans que pour autant la perspective d’un arrêt du QE en fin d’année, suivi d’une première hausse du taux de dépôt quelques mois plus tard, ne soit remise en cause.

 Hervé Goulletquer, stratégiste pour la Banque Postale AM