La BCE a fait un (petit…) pas de plus vers la normalisation. Le communiqué de presse a perdu la phrase : «Si les perspectives deviennent moins favorables, ou si les conditions financières deviennent incompatibles avec plus de progrès vers un niveau d’inflation soutenable, le Conseil se tient prêt à augmenter le programme d’achat d’actifs (APP) en termes de taille ou de durée.». L’option d’augmenter le QE en cas de mauvaises surprises n’est donc plus mentionnée.

Autre point ; les prévisions de la BCE ont été, très marginalement, révisées à la hausse : 2.4% de croissance en 2018 (2.3% prévu en décembre), 1.9% en 2019 (inchangé) et 1.7% en 2020 (inchangé).
Le marché a initialement réagi en conséquence, l’Euro gagnant 0,5% et les taux à 10 ans allemands 3 pdb (Cf. graphique ci-dessous). Les attentes pour l’Euribor à la fin de l’année prochaine ont aussi gagné 3 pdb.



Draghi parle

Mais Mario Draghi a patiemment expliqué pendant la conférence de presse que tout ceci n’était que marginal et que la phrase enlevée n’était plus pertinente dans une économie qui s’améliore. Le marché a suivi : l’euro est revenu au niveau d’avant le communiqué de presse, de même pour les taux longs et les attentes sur l’Euribor. Dit autrement, la BCE a fait un pas vers la normalisation sans que le marché ne le price. Chapeau Mario !

Avec de meilleures perspectives de croissance et une BCE qui ne stresse pas les marchés de taux, les marchés actions ont très bien réagis. L’Euro Stoxx, après une séance très morne, a gagné 1% sur la première heure de la conférence de presse.



Et après ?

Le vrai problème est à venir et la suite risque d’être plus compliquée. La BCE s’est engagée sur un programme de QE à septembre, et il faudra qu’elle communique sur la suite dès juin. Il faudra donc préparer les marchés à la décision en avril et mai.

Les deux prochaines réunions de la BCE, le 26 avril et le 14 juin seront donc beaucoup plus périlleuses.

 Stéphane Déo, stratégiste pour La Banque Postale AM