Le PER des marchés américains est supérieur à celui des marchés européens : 17,8 pour le S&P 500 contre 14,1 pour le MSCI Europe. On a donc une décote de 20,4% pour l’Europe.

Un premier bémol : l’Europe est toujours moins chère que les Etats-Unis

La décote moyenne depuis 2005, comme le montre le graphique ci-dessous, est de 16%. La décote actuelle est donc plus importante, mais dans une marge qui reste mesurée. Historiquement, la décote a été plus importante qu’elle ne l’est actuellement 1/4 du temps. Nous sommes donc loin des extrêmes.



Deuxième bémol, la « cherté » des Etats-Unis est dans une très large mesure liée au secteur de la technologie


Si on reconstruit un indice « vieille économie » en enlevant le secteur de la technologie mais aussi Amazon et Netflix (classés en « retail »), la décote Européenne devient bien plus limitée, elle n’est que de 13%, alors que la moyenne de long terme est à 16%. En d’autres termes, la décote est moins importante que ne le suggère l’historique.



Il faut donc descendre au niveau sectoriel


Pour mieux comprendre ce qui se passe. Si on regarde la décote actuelle par secteur et si on la compare à la norme historique, on obtient effectivement un tableau très contrasté. Certains secteurs sont effectivement peu chers et ont une décote supérieure à la moyenne historique, notamment la consommation discrétionnaire et la technologie. D’autres sont en sens inverse comme les télécoms ou la finance.



Le cas du secteur financier peut paraitre paradoxal. Avec un PER de 11,4 en Europe contre 13,9 aux Etats-Unis, l’Europe traite bien avec une décote de 18%. Mais celle-ci est bien inférieure à la moyenne historique de 25%.

Sur ce secteur il faut donc faire un pari de normalisation du secteur après la crise, la décote moyenne sur la période est tirée vers le bas par la grande récession, alors que si on ne prend en compte que la période après 2011, la décote devient plus normale.




 Stéphane Déo, stratégiste pour la Banque Postale AM