La réunion du FOMC de la semaine prochaine est très attendue. L’attention devrait se focaliser non pas tant sur la probable annonce d’une hausse de taux de 25bp - déjà anticipée par les marchés - que sur la teneur du discours de la Fed : la banque centrale devrait en effet communiquer ses nouvelles prévisions de croissance et d’inflation, ainsi qu’une mise à jour de la fameuse « dot chart », qui photographie les anticipations de taux des gouverneurs.

Depuis la fin de l’an dernier, la vigueur de l’économie américaine ne s’est pas démentie. Les créations d’emplois se sont accélérées, avec plus de 550 000 emplois créés au cours des deux premiers mois de 2018, et ce dans un contexte de hausse maîtrisée des salaires : la forte hausse des salaires de janvier (+2,9% en glissement annuel) s’est tassée en février à +2,6%.

Des hausses de taux plus nombreuses que prévu ?

Cet environnement conjoncturel est de nature à justifier un discours plus volontaire de la part de la banque centrale. Celle-ci devrait, selon nous, réviser à la hausse les perspectives de croissance de l’économie américaine et confirmer sa confiance dans la trajectoire de l’inflation, moyennant quoi les dots pourraient se décaler légèrement vers le haut. Mais les marchés seront également attentifs à leur dispersion, reflet de la diversité des opinions au sein du Conseil des gouverneurs. Il sera à cet égard particulièrement intéressant, après les deux interventions empreintes d’optimisme de Jerome Powell devant la Chambre des Représentants et le Sénat, d’observer de quelle manière le Board de la Fed dans son ensemble évalue la conjoncture économique américaine.

Dans un tel scénario, les marchés devraient ajuster à la marge leurs anticipations de hausse des taux. Aujourd’hui, trois hausses sont « pricées » en 2018 et un peu plus d’une hausse en 2019. Pour ce qui nous concerne, nous nous attendons plutôt à trois ou quatre hausses en 2018 et à deux hausses en 2019 ; si les anticipations de marchés venaient à rejoindre nos prévisions, l’impact sur les taux à long terme devrait néanmoins rester mesuré, l’essentiel du mouvement de hausse des rendements étant derrière nous.

 Franck Dixmier, directeur des gestions obligataires d’AllianzGI