Hier le Nasdaq et les valeurs technologiques ont repris espoir après des signes d’apaisement sur la guerre commerciale (la diplomatie par Twitter bat son plein). Le Nasdaq gagnait 2,31% en pic de séance mais a passé les dernières heures à rebaisser. Au final, le gain sur la journée n’est que de 0,51%.

Une séance très typique : depuis le début de l’année le Nasdaq monte nettement à l’ouverture pour céder en fin de séance. Le S&P 500 a le même profil journalier.

C’est un signe fort que la mentalité « buy the dip » a disparue, lorsque l’indice glisse en fin de séance il n’y a pas de rachat. Plus fondamentalement c’est donc aussi un signe sur la perte de confiance des investisseurs.



Les japonais vendent leurs Treasury :
Les données publiées par le ministère des finances japonais sont impressionnantes : elles montrent des ventes nettes de Treasury en février de 4 mille milliards de yen (de l’ordre de 40 milliards de dollars). C’est de très loin le chiffre mensuel le plus bas jamais enregistré. C’est aussi le cinquième mois de suite que les investisseurs japonais vendent des Treasury, portant le total sur la période à 8,6 mille milliards. Là aussi de très loin le plus bas jamais enregistré.
Il y a, certes, une petite compensation avec des achats très dynamiques de titres européens.
L’exode est impressionnant et très mal venu. L’administration américaine devrait fournir au marché un tsunami de Treasury dans les mois qui viennent : réforme fiscale Trump aidant il va bien falloir financer le déficit américain.



Profits de la BCE : c’est votre argent !
La BCE a publié hier son bulletin annuel avec un rappel de ses comptes. Les bénéfices de l’institution se montent à 1,275 milliard d’euros, soit 82 millions de plus que l’année dernière. Sans surprise, c’est « principalement dû aux produits d’intérêts nets » pour 1,812 milliard. A noter que les intérêts gagnés au titre des achats du QE sont passés de 140 millions en 2016 à 575 millions en 2017.

C’est votre argent : ces profits ont été redistribués en intégralité aux banques centrales nationales qui sont actionnaires. La banque de France par exemple détient 20.14% du capital émis de la BCE. Ces banques centrales sont nationalisées et donc détenues, indirectement, par le contribuable (à noter que la Banque centrale de Belgique et celle de Grèce sont toujours cotées sur leur marché actions respectif).

En résumé : si le Trésor Français paye un coupon sur une OAT détenue par la BCE ou la Banque de France au titre du QE, cela augmentera les profits de la banque qui le retournera in fine au Trésor (à quelques détails techniques prêts dont nous vous faisons grâce). Magique ! Le coût de la dette a de facto disparu.


La BCE suit précisément sa ligne sur le QE :


La BCE a publié hier la décomposition de son QE pour le mois de mars. Les achats en volume et en répartition sont redoutablement stables
20,7 milliards pour les titres gouvernementaux,
10,1 milliards de papier privé (6,4 milliards de credit et 2,9 de covered bonds).








Il est intéressant de noter que les répartitions des achats de papier souverain par la BCE ont très strictement suivis les clefs de répartition. Avec néanmoins une exception notable : les achats de papiers espagnols depuis le début de l’année sont supérieurs de 860 millions à ce qu’ils auraient dû être. Cela reste une divergence limitée par rapport au programme, elle ne représente que 1,5% des achats totaux de l’année.




 Stéphane Déo, Stratègiste La Banque Postale Asset Management