Le Brent est passé de 27 dollars le baril au début de 2016 à plus de 72 récemment, une hausse de l’ordre de 160%.

Est-ce positif pour la bourse ? Malheureusement nous devons faire une réponse d’économiste : « cela dépend »…

Deux exemples :

° Le premier c’est la guerre en Irak à l’été 1990. Très clairement la bourse n’a pas aimé la hausse du pétrole. Il s’agit d’un choc d’offre : la guerre a diminué la production et les prix ont monté ce qui constitue une ponction sur les bénéfices des entreprises et sur le revenu disponible des ménages.
° Le second c’est la reprise de 1995-1997. La bourse monte en même temps que le pétrole. Il s’agit d’un choc de demande : avec la reprise économique la demande en pétrole progresse et donc les cours qui montent sont le symptôme d’une économie en accélération. La bourse aime, bien évidemment.




En résumé, une corrélation positive entre pétrole et bourse est le signe d’un choc de demande (pétrole et bourse montent ensemble, ou baissent ensemble), une corrélation négative est signe d’un choc d’offre.

Il est donc intéressant de noter que la corrélation bourse/pétrole est restée positive pendant toute la phase de hausse que nous venons de connaitre. Cela semble nous dire que c’est la demande, et donc la vigueur de la reprise mondiale, qui est la cause principale de cette hausse du pétrole.

La Fed de New York, avec une approche totalement différente, décompose aussi l’évolution des cours du pétrole entre effet demande et effet offre (plus quelques autres ingrédients). Elle arrive à la même conclusion, la hausse depuis 2016 est essentiellement due à la hausse de la demande.

A ce titre, la progression des cours du pétrole n’est pas alarmante, et bien qu’une partie de la hausse actuelle puisse être attribuée à des risques géopolitiques (et donc à un problème d’offre) il semble que la logique ne soit pas remise en cause : c’est la croissance mondiale qui est l’élément qui prime.




Macron à Strasbourg : la campagne des élections européennes est lancée

Petit rappel des règles du jeu : LREM n’a qu’un député au Parlement Européen, Jean Arthuis, et donc ne fait pas partie d’aucun groupe parlementaire. C’est fâcheux. Bien sûr, cela réduit l’influence du président sur le Parlement. Mais ailleurs aussi : par exemple avant chaque Conseil Européen, les 27 chefs d’Etat participent à des mini-sommets avec leur famille politique pour se coordonner. Macron n’a personne à qui parler.

D’où l’importance des élections européennes l’année prochaine. Les dernières rumeurs font état d’un possible groupe LREM / Die Grünen (les verts allemands) / M5S (Luigi Di Maio dans Le Monde du 5 mars « Le Mouvement 5 étoiles est pro-européen » a fait un clair appel du pied) / Ciudadanos (centre-droit espagnols) / plus des partis de centre droit fâchés de voir leur groupe parlementaire, le PPE, accueillir à bras ouverts le Fidesz d’Orban ou les partis conservateurs autrichiens alliés à l’extrême droite.

D’où le discours d’hier, peu d’économie et beaucoup de politique. Que LREM participe à un large groupe après les élections est probable, que ce groupe soit le plus important du Parlement est possible, alors que cela semblait totalement irréaliste il y a encore peu. C’est un pion essentiel dans la stratégie de Macron pour réformer l’Europe lorsqu’on voit la fraicheur de l’attitude allemande (cf. ci-dessous).

Le changement c’est pas pour maintenant

Olaf Scholz, le nouveau ministre des Finances allemand, a gardé en place les principaux hauts-fonctionnaires du cabinet de son prédécesseur Schäuble : l’économiste en chef Ludger Schuknecht, le Directeur pour les affaires Européennes Thomas Westphal et le Directeur pour les affaires Financières et Bancaires Levin Holle.

Nous parlions plus tôt cette semaine du groupe CDU/CSU du Bundestag qui avait adopté une attitude peu conciliante sur les réformes européennes, et proche du « non-papier » de Schäuble.

Il semble que le grand homme ait encore une influence très importante. Ces vues particulièrement strictes sur l'intégration Européenne ne vont pas favoriser la réforme en profondeur attendue.

La PBOC baisse de 1 ppt le taux de réserves obligatoires pour les banques

La PBOC a annoncé hier une baisse du taux de réserves obligatoires de 1%. Le TRO est actuellement de 17% pour les grandes banques et de 15% pour les petites. Avec un TRO plus faible les banques pourront rembourser le « medium-term lending facility » (MLF), l’impact estimé est de 400 milliards de Yuans.

Cela représentera donc une économie d’intérêt pour les banques et la PBOC a demandé qu’elle soit restituée aux clients. Il faut donc replacer cette mesure dans le cadre de la volonté des autorités de favoriser le financement des petites et moyennes entreprises.

Cette mesure est purement domestique et d’ailleurs la devise n’a pas bougé sur l’annonce.

Le FMI révise à la hausse ses prévisions de croissance 2018

Révision à la hausse des prévisions du FMI, la croissance mondiale au plus haut depuis 2010 (+3,4% contre 3,3% sur les dernières prévisions). La Zone Euro est aussi révisée à la hausse de 0,2ppt (à +2,4%, consensus à 2,3%) et les Etats-Unis de même (+0,2ppt, à +2,9%, le consensus est à 2,8%).

A noter tout de même que les risques sont « clairement à la baisse », la guerre commerciale étant évidemment le risque majeur. Le Fond attend aussi un ralentissement progressif à cause de la normalisation des politiques monétaires.

?Part Stéphane Deo, stratégiste la Banque Postale Asset Management