Très forte baisse de l’inflation sous-jacente (ex. énergie et alimentaire) en Europe, puisque le chiffre passe de 1,0% en mars à 0,7% en avril. Il faut remonter à début 2015 pour voir un chiffre encore plus bas. C’est une surprise de taille qui montre que les pressions inflationnistes en Europe restent désespérément faibles.
L’inflation totale (donc avec énergie et alimentaire) a toutefois moins baissé, passant de 1,3% à 1,2% car les prix énergétiques progressent. Cet effet devrait s’accélérer sur les mois à venir : si les prix du pétrole et si l’EURUD se stabilisent, l’inflation énergie devrait continuer à progresser, poussant l’inflation totale à 2,1% en juillet.
Un chiffre au-dessus de 2% donc, ce serait la première fois depuis décembre 2012.



Peu de surprises du côté de la BCE 


Plusieurs membres de la BCE parlaient hier, le message est resté convenu.
Peter Praet, membre du Directoire de la BCE et économiste en chef, pense que le ralentissement économique du premier trimestre est temporaire après de très bons chiffres et ne remet pas en cause la phase de croissance.
Une vue qui recoupe la nôtre, il peut effectivement y avoir un tassement de la croissance vers un niveau plus conforme à la tendance de long terme, mais nous ne sommes pas en fin de cycle.
Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, a la même analyse et il a répété que le QE pourrait s’arrêter cette année et que la BCE pourrait relever ses taux à la mi-2019.
Là non plus, rien de surprenant, le marché attend une prolongation des achats jusqu’à la fin de l’année et aucune hausse des taux avant le T2 2019.

  Stéphane Déo, stratégiste chez LBP AM