" Parfois, la déconnexion semble particulièrement frappante entre les données publiées et les performances de marché. Avec des résultats des entreprises de très bonne facture, la plupart des grands marchés actions demeure proche de zéro, voire dans le rouge, depuis le début de l’année.
C’est que les inquiétudes portent désormais sur les niveaux de taux d’intérêt, tant ceux que fixent les Banques Centrales que ceux des obligations. Dans ce contexte, les investisseurs semblent peu décidés quant aux préférences sectorielles les plus appropriées.

La courbe des taux américaine est au cœur de tous les débats.
C’est tout à fait logique tant, du moins aux Etats-Unis, elle a été un indicateur macro-économique fiable ces 30 dernières années. En effet, le différentiel entre le taux des bons du trésor à 10 ans et à 2 ans est devenu négatif avant les trois dernières récessions de 1990, 2001 et 2008, offrant un précieux signal avancé.
Les craintes pourraient néanmoins s’avérer prématurées, alors que le différentiel entre les taux à 10 et 2 ans se situe actuellement à 48 points de base.
Si l’on en croit le passé récent, le passage de la pente sous les 50 a été plein de promesses pour les investisseurs actions. En 1988, ce niveau a été atteint au mois de septembre. Le S&P 500 a par la suite continué à monter sans correction majeure jusqu’en juillet 1990, offrant un rendement dividendes inclus de 52% (soit environ 25% annualisés). En 1997, c’est en avril que les 50 points de base furent franchis et, durant les 41 mois qui suivirent, le marché a progressé de 110% dividendes réinvestis (soit près de 24% annualisés). En 2005, enfin, la pente de la courbe des taux est devenue inférieure à 50 points de base en mai. Dans les deux ans et demi qui ont suivi, le S&P 500 a gagné 41% dividendes réinvestis, soit 15% annualisés.
Bien qu’il soit hasardeux de tirer des conclusions statistiquement robustes d’un échantillon de trois occurrences, il semble tout de même que le niveau actuel soit cohérent avec des gains significatifs à un horizon d’environ deux ans.
Cette configuration indiquerait aussi que le marché haussier entre dans sa dernière phase, et qu’il va falloir redoubler de vigilance. Ces interrogations venues des marchés de taux, combinées à des statistiques économiques assez volatiles, conduisent les investisseurs actions à faire tourner leurs allocations sectorielles.

Les choix sectoriels des investisseurs ne cessent de tourner, partout dans le monde et en Europe, en particulier. Les fonds de gestion active, toujours en position dominante avec 30% de détention des titres, ont réduit le mois dernier la part attribuée aux secteurs cycliques, après un mois de février où ces derniers ont représenté au sein des portefeuilles, un plus haut sur les 10 dernières années.
Les secteurs les plus touchés auraient été la consommation discrétionnaire, les matériaux et les financières. En contrepartie, certains secteurs ont été privilégiés : santé, consommation durable, services aux collectivités, mais aussi l’énergie et télécoms. Si cela se reflète bien dans la surperformance relative récente pour certains secteurs (l’énergie surperforme de 8%, les télécoms de 3,2% et les services aux collectivités d’1,3%), d’autres continuent à sousperformer (santé -2%, alimentation -3%). Par ailleurs, le mois d’avril semble être celui du retour du secteur de la vente au détail, en hausse de 7,7% et une surperformance de +4,3%, contre -3,5% en mars et une sousperformance relative d’1,2%. Finalement, la distinction cyclique/défensive ne semble plus avoir grande importance. Pour l’instant, la technologie et les valeurs industrielles restent les secteurs favoris dans les allocations des fonds européens, alors que la santé, la consommation non cyclique et les services collectifs sont délaissés. Quid du mois prochain ?

Quelques changements dans les stratégies multi-gérants Invesco ont été opérés au cours du mois d’avril.
Sur la partie actions, une vue positive est maintenue et les moments de faiblesse des marchés ont été mis à profit pour renforcer les actions américaines. Si les multiples de valorisation des sociétés américaines ont récemment atteint des niveaux élevés, les derniers développements semblent rassurants : les résultats des sociétés américaines étaient attendus en forte hausse et ils sont encore meilleurs que prévu : avec près de 50% des sociétés du S&P 500 qui ont publié leurs résultats, le taux de croissance des bénéfices sur un an atteint près de 25%, soit 7% de mieux que les prévisions du consensus. Difficile de voir dans ces chiffres très élevés une raison d’inquiétude.
Les actions japonaises et européennes bénéficient de la poursuite du rebond du dollar américain, qui pourrait pénaliser à l’inverse les émergents. Sur la partie obligataire, un positionnement favorable aux obligations gouvernementales est maintenu, le récent passage au-dessus des 3% des bons du trésor américains à 10 ans ne semblant pas devoir changer l’attractivité du marché.
Compte-tenu des chiffres macro-économiques actuels, il semble téméraire d’attendre une accélération significative de la croissance mondiale au-dessus des niveaux actuels. Sur la partie devises, une exposition modérée est conservée sur un panier de devises diversifiées, développées et émergentes.

Des marchés pris de doute devant tant de bonnes nouvelles du côté des entreprises ? Ces déconnexions se produisent régulièrement. La principale conséquence est un certain reflux des valorisations qui, tant que les taux d’intérêt demeurent raisonnables, accroissent encore l’attrait de nombreux marchés actions. Arrivés au tiers de l’année sur des performances bien maigres, voire négatives, les investisseurs peuvent être lassés de ces mois de surplace. Ou bien se réjouir des bonnes affaires à faire. Au choix ".



♦♦♦♦♦ Retrouvez les fonds Invesco en cliquant ici ♦♦♦♦♦