Pour ce qui est des relations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, les discussions se poursuivent (le Vice premier ministre chinois en charge de la politique économique est à Washington cette semaine) et la Maison Blanche s’emploie à « souffler le chaud et le froid », tant est si bien qu’il y a toujours une raison d’espérer qu’un compromis sera trouvé. Durant le weekend, le Président Trump a ainsi demandé au département du Commerce de trouver une solution pour que l’entreprise de téléphonie chinoise, ZTE Corp, puisse continuer d’avoir accès à des composants américains indispensables à la poursuite de sa production.

Si on se tourne vers le dossier iranien, les choses sur le fond sont encore moins claires. Aux Etats-Unis, le Conseiller à la sécurité intérieure pointe le risque de sanctions pour les entreprises européennes si elles continuent de commercer avec l’Iran, tandis que le secrétaire d’Etat (ministre des affaires étrangères) évoque des discussions avec les alliés européens et la négociation d’un nouveau traité avec Téhéran. Tout ceci est évidement contradictoire ; ce qui pousse le marché à considérer que le baromètre à suivre est tout simplement le cours du « brut ». Il a certes monté de 2 dollars suite à l’annonce du Président Trump de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien. Mais la hausse ne semble pas s’emballer. Si tant est que l’Iran exporte moins de pétrole, cela ne sera effectif que dans quelques mois. Et puis d’autres producteurs se mettront peut-être à produire et à vendre davantage sur le marché international.

On le perçoit, les investisseurs et les opérateurs considèrent que ces évolutions politiques ne sont pas (pas encore ?) des game changers ? Les Etats-Unis n’entrent pas dans une nouvelle période d’isolationnisme et la déstabilisation du Moyen-Orient ne va pas s’aggraver. Puisse la position être exacte !

Le monde de la finance va-t-il faire preuve du même sang-froid vis-à-vis des développements en cours en Italie ? C’est sans doute aujourd’hui que l’on saura si 5 Etoiles et la Ligue forment ensemble un nouveau gouvernement. L’ambition des deux partis est de mener une politique italo-centrée, mêlant protection sociale (revenu universel, droits à la retraite plus tôt, lutte contre la pauvreté et soutien aux familles) et « coup de pouce » à l’économie au travers d’une baisse de la fiscalité (la flat tax prônée par la Ligue). Le tout avec une orientation anti-migrants et une politique étrangère critique vis-à-vis de l’Europe et compréhensive par rapport aux régimes « illibéraux ». Sur les deux points sensibles que sont pour le marché la consolidation des équilibres budgétaires et le respect des règles bruxelloises, la perspective ne peut pas être bonne. Bien sûr, le président Mattarella « veille au grain » et le nouveau gouvernement, s’il se forme, mettra « de l’eau dans son vin ». Reniement partiel ou décalage dans le temps ; on ne sait pas bien. Ces deux « adoucisseurs » d’une vision politique à la fois radicale et contradictoire suffiront-ils à répondre aux questionnements du marché ? Ce n’est pas sûr et ceci à au moins un titre : que ce soit sur la politique budgétaire ou sur la politique migratoire, les tensions avec Bruxelles paraissent inévitables. Avec comme dommage collatéral la remise en cause de l’ambition d’aller vers une plus grande intégration européenne. Mais quand apparaitront-elles ? On ne sait pas bien.