Les 'top' et les 'flop' de la Bourse en 2010

Les 'top' et les 'flop' de la Bourse en 2010

(Easybourse.com) Alors que le CAC 40 a terminé l'année quasiment à son point de départ, certaines valeurs se sont distinguées. Tour d'horizon des top et des flop de cet exercice 2010.

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De belles performances étaient possibles au cours de l'année boursière écoulée. La preuve avec LVMH dont le titre s’est apprécié de 60% sur fond de rebond du marché mondial du luxe. «La baisse de l’euro a très largement dopé les ventes (de produits de luxe). Par ailleurs, les consommateurs se « lâchent » après la frustration de la crise et se tournent vers les véritables marques de luxe qui sont des valeurs refuges», analyse Yves Carcelle, PDG de Louis Vuitton, la marque phare du groupe. LVMH s’est aussi illustré en prenant une participation de 20% dans le sellier Hermès, réduisant d’autant le flottant du groupe de la rue du Faubourg Saint-Honoré dont le titre a tout de même flambé de 70%.

Dans le secteur aéronautique, c’est un autre feuilleton qui a tenu en haleine les investisseurs. Pendant quatre mois, le fabricant de moteurs d’avions Safran a tenté de convaincre son compatriote Zodiac Aerospace d’ouvrir des discussions en vue d’un rapprochement. Les titres ont tous deux pris 92% sur l’année. Sur injonction de l'AMF, Safran a dû faire taire les rumeurs d'OPA en annonçant officiellement qu'il ne lancerait pas d'offre de rachat sur Zodiac Ae. Le groupe s’est rabattu sur une entreprise américaine, L1 Identity, spécialisée dans la biométrie.

L’année a également été favorable aux valeurs parapétrolières, comme CGG Veritas (+55%), Technip (+40%) et Vallourec (+26%). Celles-ci ont peu souffert de la marée noire dans le Golfe du Mexique, tandis que de nouveaux marchés d’exploration se sont ouverts, notamment au Brésil. Ces opportunités devraient perdurer en 2011 où les spécialistes tablent sur une hausse de 10% à 15% des dépenses en exploration et production des compagnies pétrolières.

Le rebond le plus spectaculaire a cependant été celui de l’industrie chimique. Après avoir fortement réduit leurs coûts en 2009, les entreprises du secteur ont bénéficié du dynamisme des économies émergentes ainsi que du maintien des mesures de soutien aux secteurs industriels (prime à la casse, etc) dans les pays développés. Arkema et Rhodia signent les deux plus fortes hausses du SBF 120 cette année : leurs cours ont tous deux doublé en un an.

De grosses déceptions

A l’autre bout du palmarès, NicOx et Poweo ont abandonné respectivement 60% et 70% de leur valeur en 2010. Le laboratoire de biotechnologies a essuyé un gros échec sur son médicament phare, le Naproxcinod, qui n’a pas été homologué aux Etats-Unis. Il a dû tailler dans ses effectifs et compte désormais sur des acquisitions ciblées pour diversifier ses sources de revenus. Quant à Poweo, il fait face à de graves difficultés financières liées, selon ses dirigeants, à la position toujours dominante d’EDF. Le fournisseur alternatif d’électricité fonde désormais tous ses espoirs sur la Nouvelle organisation du marché de l’électricité (Nome) qui doit voir le jour en 2011 et permettre une plus grande concurrence sur le marché des particuliers. Mais en attendant les décrets d’application de la loi, Poweo a dû vendre tous ses moyens de production à son actionnaire principal, l’autrichien Verbund.

Technicolor, ex Thomson, a lui aussi connu une année difficile : le titre a chuté de 50% malgré l’adoption d’un plan de sauvegarde qui a permis au groupe de réduire sa dette. A défaut d'avoir cédé assez rapidement certains actifs mis en vente, notamment aux Etats-Unis, le groupe a dû procéder à une augmentation de capital de 213 millions d’euros le 30 décembre afin de faire face à ses échéances de remboursement.

Sur le CAC 40, c’est Alstom qui décroche la lanterne rouge avec un repli du titre de 26% sur l’année. L’équipementier a vu ses commandes chuter au premier semestre (-21%), en même temps qu’il réalisait l’intégration de la branche Transmission d’Areva. Dans une note publiée début novembre, Société Générale déplorait les résultats « très faibles » du groupe, marqués notamment par un fort déclin de la croissance organique. Mais depuis Alstom a annoncé avoir remporté plusieurs gros contrats, que ce soit en France pour la maintenance du parc nucléaire ou à l’étranger dans le domaine des transports. Ces annonces ont permis au titre d’entamer un rebond en décembre.

Enfin, les valeurs bancaires ont été sanctionnées malgré le retour de certaines d’entre elles à des bénéfices record. Dexia a ainsi perdu 40% cette année, Crédit Agricole 22%, Société Générale 16% et BNP Paribas 12%. Seule Natixis, entrée en septembre sur le CAC 40, termine l’année quasiment stable (-1%). Après avoir été secourues par les Etats au plus fort de la crise, les banques européennes sont aujourd’hui exposées au risque de défaut sur les dettes souveraines, en particulier celles de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal. Les 'stress tests' conduits cet été sur une centaine d'entre elles ont été jugés peu fiables. Une nouvelle série de tests sur la solidité de leurs bilans doit être menée en 2011.




François Schott

Publié le 31 Décembre 2010