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Embellie économique: C.Lagarde adepte de la méthode Coué

Embellie économique: C.Lagarde adepte de la méthode Coué

(Easybourse.com) Entendue par les députés de la commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire, sous la présidence de Jérôme Cahuzac (PS), la ministre de l'Economie Christine Lagarde, flanquée du ministre du Budget François Baroin, a présenté une situation économique pour le moins encourageante. Les parlementaires sont eux restés dubitatifs. Explications.

L’audition de Christine Lagarde et François Baroin était la première du genre. Objectif de cette réunion : discuter du programme de stabilité que la France doit transmettre à la Commission européenne début mai, après le vote des sénateurs le 27 avril et celui des députés le 2 mai.

Le programme de stabilité et de croissance du gouvernement vise une croissance de 2,25% en 2011

La ministre a tenté de peindre un tableau pour le moins encourageant de la situation économique de la France, rappelant par son côté pugnace que les élections présidentielles se dérouleront dans un an seulement. L’exercice, prévu de longue date, s’est avéré d’autant plus difficile que le contexte international, marqué par le spectre d’une dégradation de la notation de la dette américaine, ne se prêtait pas vraiment aux hypothèses rassurantes.

On pourra également rappeler les difficultés économiques récurrentes des États européens…

Chiffres trompeurs ?

Devant des députés pour le moins dubitatifs, les deux locataires de Bercy ont donc tenté de convaincre que la France va mieux et résiste, notamment grâce aux réformes menées par le gouvernement en matière de politique de l’emploi, de réduction du déficit public et d’amélioration de la compétitivité du pays.

Dans le détail, le programme de stabilité et de croissance du gouvernement vise une croissance de 2,25% en 2011, contre 1,2% en 2010, et 2,5% en 2013 et 2014. Quant au déficit, les ambitieuses prévisions des ministres tablent sur un taux de 5,7% du PIB en 2011, contre 7% en 2010, et de 3% en 2013. D’après Christine Lagarde, la politique de non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique devrait ainsi permettre «l’inflexion de la dette publique en 2013».

Des propos qui n’ont pas convaincu les députés de l’opposition, et particulièrement Pierre-Alain Muet pour qui «les programmes de ce genre n'ont jamais correspondu à une quelconque réalité». Et de rappeler qu’en l’espace de 10 ans, «la dette a doublé, pour passer de 900 à 1 800 milliards d'euros, et que le taux de prélèvements obligatoires, qui était de 43,5% en 2007, est de 43,4% en 2010».

En 10 ans, la dette a doublé pour passer de 900 à 1 800 milliards d'euros

La question des prélèvements obligatoires (PO), synonyme d’augmentation des impôts, avait déjà été soulevée par Jérôme Cahuzac, mais ni Christine Lagarde ni François Baroin n’ont souhaité répondre clairement. La ministre se contentant de préciser que «le taux de PO sera de 42,2% en 2010». Quant au ministre du Budget, il a estimé que cette hausse serait surtout le fruit d’une amélioration de la conjoncture.

Fonds de poches

Les ministres ont par ailleurs botté en touche à deux reprises, sur la question de la prime à 1000 euros ainsi que sur le financement de la réforme de l'impôt de solidarité sur la fortune. François Baroin s’est en revanche montré beaucoup plus précis concernant l’«intensification de l’effort de réduction des niches fiscales et sociales». L’objectif de cet effort devant permettre de faire entrer dans les caisses au moins 3 milliards d'euros par an supplémentaires, comme l’exige la loi de programmation des finances publique (LPFP) 2011-2014.

Afin d’y parvenir, le gouvernement mise également sur la réforme des retraites de 2010 et sur «une croissance des dépenses sous ONDAM» [Objectif national de dépenses d'assurance maladie], limitée à 2,9% en 2011, puis 2,8% par an entre 2012 et 2014.
NS

Publié le 20 Avril 2011