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CAC 40 : faut-il croire à la hausse ?

CAC 40 : faut-il croire à la hausse ?

(Easybourse.com) Après un deuxième trimestre déprimant suivi d'un rallye estival, que réserve la fin d'année sur les marchés actions ? Si les sujets d'inquiétude ne manquent pas - crise de l'euro, croissance en berne- un rebond n'est à exclure. Explications.

Interview de Eric Pictet

Interview

Eric Pictet

Directeur général

Muzinich & Co Paris

Interview de Eric Pictet

Interview

Eric Pictet

Directeur général

Muzinich & Co Paris

En cette rentrée qui marque les cinq ans de la crise financière, les nouvelles macroéconomiques n’incitent guère à l’optimisme. « Aux Etats-Unis, la production manufacturière et les créations d’emplois donnent des signes de faiblesse. En zone euro, l’activité devrait se contracter au second et au troisième trimestre de cette année. Enfin, en Chine, la croissance ralentit plus fortement que prévu avec le dégonflement de la bulle immobilière et l’effet retardé du resserrement du crédit mené jusque fin 2011 », énumèrent les stratèges de Société Générale Private Banking dans une note parue fin juillet.

A cela s’ajoute, bien-sûr, la crise de la dette en zone euro, qui continue de faire trembler les murs de la maison commune et force l’Espagne et l’Italie à redoubler d’efforts pour contenir l’envolée de leurs coûts d’emprunt. Pourtant, quelque chose semble avoir changé au cours de l’été dans la perception de cette crise par les marchés. Les propos du président de la Banque centrale européenne - « La BCE sera prête à tout pour préserver l'euro. Croyez-moi, ce sera suffisant » - ont été accueillis avec beaucoup d’enthousiasme par les investisseurs.

La BCE redonne espoir


« Cette déclaration fin juillet de Mario Draghi a été saluée par les investisseurs qui s'inquiétaient de plus en plus de l'évolution préoccupante de la situation au sein de la zone euro. Les actifs risqués, en particulier les actions et les emprunts d'Etat espagnols, ont aussitôt rebondi », constate Eric Pictet, directeur du bureau de Paris de Muzinich & Co. La BCE s’est en effet montrée déterminée à maintenir les taux d’intérêt sur les dettes des Etats membres à

Il n'y aura ni catastrophe ni solution miracle

des niveaux acceptables, autrement dit à éteindre tout nouvel incendie qui pourrait se déclarer sur les marchés obligataires. A condition que, de leur côté, les gouvernements mettent en place les mécanismes de solidarité définis au mois de juin (MES, union bancaire).

Pour Marc Renaud et Yohann Salleron, gérants chez Mandarine Gestion, le marché semble avoir intégré le fait « qu’il n’y aura ni catastrophe ni solution miracle à court terme pour sortir définitivement de ces problématiques d’endettement en zone euro ». Cela « favorisera à nouveau une prise en compte des fondamentaux et permettra dès lors d’atténuer certains excès de sous- valorisation présents dans les marchés ». Ce regain de confiance a déjà permis au CAC 40 de reprendre 12% depuis fin juillet, et la hausse pourrait se poursuivre, selon certains gérants.

L’euro faible, facteur de soutien


« Les actions européennes restent très attractives en termes de valorisation, même après la hausse des deux derniers mois. Nous sommes donc positifs sur les actions même s’il pourrait y avoir une légère correction à très court terme en réaction à la hausse du mois d’août », indique Frédéric Jamet, Directeur de la gestion de State Street Global Advisors France.

Beaucoup de mauvaises nouvelles ont été prises en compte dans les cours

« Beaucoup de mauvaises nouvelles ont été prises en compte dans les cours et la politique monétaire devrait demeurer un facteur de soutien en particulier en zone euro », ajoutent les experts de Societe Generale Private Banking. « Au demeurant, la faiblesse de la monnaie unique, désormais passée en dessous de 1,25 dollar, devrait soutenir le marché actions.»

Des entreprises encore robustes


Les résultats semestriels des entreprises ont plutôt agréablement surpris les analystes, qui soulignent la bonne résistance des chiffres d’affaires même si les bénéfices sont en repli (de 15% en moyenne sur le CAC 40, par rapport au premier semestre 2011). « Parmi les très bonnes publications du mois, citons Ingenico avec une croissance organique de ses ventes du double de celle attendue par le consensus (+20,8% sur le T2), Remy Cointreau qui fait de même (+24,4% sur le T1 2012/13) ou CGG Veritas qui confirme le rétablissement de sa branche services et le maintien des excellentes marges de sa filiale Sercel (32%) », souligne Joëlle Morlet-Selmer, spécialiste des actions françaises chez Mandarine Gestion. Au rang des déceptions, Bouygues, Peugeot ou encore JC Decaux ont été lourdement sanctionnés.

Dans l’ensemble, ces résultats ont conforté le rebond de l’indice parisien au mois d’août. Toutefois, « si la BCE ne joint pas le geste à la parole, il y a fort à parier que les tensions vont revenir sur les marchés dès le mois de septembre », prévient Eric Pictet. Selon lui, plusieurs éléments pourraient engendrer un regain de tensions à la rentrée, notamment la publication du prochain rapport de la Troïka en Grèce, les élections législatives aux Pays-Bas et la décision du Conseil Constitutionnel allemand sur la validité du Mécanisme Européen de Stabilité. La volatilité pourrait ainsi perdurer avec, tout de même, une plus grande confiance dans la capacité des Européens à faire face aux turbulences.

François Schott

Publié le 29 Août 2012