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Bilan 2015 du CAC 40 : bénéfices en baisse, dividendes en hausse

Bilan 2015 du CAC 40 : bénéfices en baisse, dividendes en hausse

(Easybourse.com) L'année 2015 n'a pas été à la hauteur des espérances des champions tricolores. Si certaines entreprises ont amélioré leurs bénéfices à la faveur de la baisse de l'euro, d'autres ont été touchées de plein fouet par les turbulences sur les marchés mondiaux. Les dividendes, eux, résistent.

L'alignement des astres n'a pas été si favorable que cela aux entreprises du CAC 40 en 2015. Malgré la baisse de l'euro et du pétrole, les champions tricolores ont dégagé un total de 53,7 milliards d'euros de bénéfices l'année dernière, en baisse de 9% par rapport à 2014 (hors Pernod-Ricard et Alstom, en exercices décalés). Un bilan jugé décevant par les analystes qui prévoyaient, en début d'année, une hausse de 8 à 10% des bénéfices des grandes entreprises françaises.

Environ un quart des entreprises du CAC 40 ont dépassé les attentes. C'est le cas d'Accor, de Cap Gemini, de Danone, de LVMH, de Publicis et du secteur automobile. Bien que leurs bénéfices soient en baisse, Schneider Electric et Total ont également fait mieux que prévu. Du côté des déceptions, Sanofi a marqué le pas au quatrième trimestre en raison de la baisse de ses ventes dans le diabète aux Etats-Unis. LafargeHolcim a souffert du ralentissement des pays émergents, Brésil en tête. Technip a également publié des résultats légèrement inférieurs aux attentes au quatrième trimestre. Deux groupes "plombent" véritablement les résultats du CAC 40: Engie et ArcelorMittal. Ils ont été fortement impactés par la baisse des cours du pétrole et des matières premières et enregistrent de lourdes pertes sur l'année écoulée (4,6 milliards d'euros pour Engie et 7,9 milliards de dollars pour ArcelorMittal).

"Après un bon premier semestre (bénéfices en hausse de 38%, ndlr), les entreprises du CAC 40 ont publié des résultats beaucoup moins bons au deuxième semestre 2015, principalement en raison de la baisse des devises émergentes. Celle-ci a eu un fort impact négatif sur ces groupes très internationaux", explique Marie-Jeanne Missoffe, responsable de la gestion "Actions croissance" chez Mandarine Gestion. Quant à la baisse de l'euro face au dollar, elle a eu un impact positif surtout au premier semestre.

Des perspectives incertaines pour 2016

Pour Jean-Paul Pollin, professeur d'économie à l'université d'Orléans, 2015 n'a certes pas été une grande année pour les entreprises du CAC 40 mais elle a tout de même réservé de bonnes surprises. "Les deux tiers des sociétés ont publié des bénéfices en hausse. Le secteur de l’automobile mais aussi les banques (en dépit de leurs gémissements à l’encontre de la réglementation) ont affiché des résultats très satisfaisants", illustre-t-il.

Autre fait marquant, les entreprises du CAC 40 n'ont pas l'intention de rogner leurs dividendes, bien au contraire. Selon un pointage effectué par le magazine le Revenu, plus de 80% des sociétés du CAC 40 qui ont déjà communiqué sur leur politique de distribution maintiendront ou augmenteront les versements à leurs actionnaires. La palme revient au secteur bancaire où l'on constate des hausses allant de 54% (BNP Paribas) à 71% (Crédit Agricole). Seul ArcelorMittal a annoncé une réduction de son dividende après avoir creusé ses pertes, tandis que Peugeot s'abstiendra, tout comme en 2014, de verser un dividende.

Après cet exercice en demi-teinte, que faut-il attendre de nos champions tricolores en 2016 ? "Les chiffres publiés par les sociétés françaises au titre de l'année 2015 sont globalement bons. Cependant, les marchés retiennent surtout les discours prudents de nombreux dirigeants, particulièrement parmi les grandes capitalisations, pour l'année 2016", souligne Mathilde Guillemot-Costes, analyste-gérante chez Dorval Finance. Les analystes tablent en moyenne sur une croissance de 8% des bénéfices en 2016 mais ces prévisions pourraient être révisées à la baisse, prévient Marie-Jeanne Missoffe. "Une chose est sûre : l'effet devise est derrière nous. La croissance dépendra de la capacité des entreprises à poursuivre leurs gains d'efficacité opérationnelle et à profiter de la reprise de la demande en zone euro".

François Schott

Publié le 23 Mars 2016