La France n’est pas exemplaire en matière d’énergies renouvelables. Notre pays est même l’un des plus en retard sur ses propres objectifs au sein de l’Union européenne, selon un rapport publié par Eurostat mardi.

Le constat global est pourtant assez positif : entre 2004 et 2013, la part des énergies renouvelables au sein de l’Union européenne est passée de 8,3% à 15%. « La part d’énergies renouvelables dans la consommation s’est significativement accrue dans tous les pays membres, treize pays ayant au moins doublé cette part au cours des dix dernières années », souligne Eurostat.
Les pays scandinaves sont les plus avancés en la matière notamment la Suède (52% d’énergies renouvelables), la Lettonie (37,1%) et la Finlande (36,8%). Ils sont rejoints par l’Autriche (32,6%). A l’opposé le Royaume-Uni (5,1%), les Pays-Bas (4,5%) et le Luxembourg (3,6%) sont les plus en retard.

Et la France dans tout cela ? En dépit de ses politiques en faveur de la «transition énergétique», elle avance à pas comptés. La part d’énergies renouvelables dans la consommation française d’énergie est passée de 9,4% en 2004 à 14,2% en 2013, étant précisé que le nucléaire n’est pas considéré comme une énergie renouvelable. Eurostat note que la France fait partie des pays européens les plus éloignés de leur objectif. Paris s’est en effet fixé un objectif ambitieux de 23% d’énergies renouvelables à l’horizon 2020, qui paraît désormais difficilement atteignable.

La prédominance du nucléaire (75% du mix énergétique français) empêche le développement d’énergies alternatives comme l’éolien, le solaire et la biomasse, c’est pourquoi le gouvernement souhaite ramener la part du nucléaire de 75% aujourd’hui à 50% en 2025. Mais cela implique de fermer 20 réacteurs sur 58 actuellement en service, un démantèlement dont le coût se chiffre en dizaines de milliards d’euros. A l’heure actuelle, aucun calendrier n’a été fourni par le gouvernement. Même la fermeture de la centrale de Fessenheim, la plus ancienne de France, n’est pas acquise en 2017. Quant à la loi sur la transition énergétique, qui prévoit de faire tomber à 50 % en 2025 la part du nucléaire et d’augmenter à 32 % celle des énergies renouvelables (à l’horizon 2030), elle fait l’objet de profonds désaccords entre députés et sénateurs. Son adoption, initialement prévue dans le courant du premier trimestre, pourrait être reportée en mai ou juin. Alors qu'elle souhaite montrer l'exemple avant  le sommet de l'ONU sur le climat qui aura lieu en décembre à Paris, la France hésite encore sur sa politique énergétique.