Créée en 2005 par deux chercheurs de l’INRA (institut national de la recherche agronomique) et un ingénieur en agriculture, Plant Advanced Technologies (PAT) est une société innovante, à mi-chemin entre l’exploitation agricole et le laboratoire de recherche. Son but ? Découvrir et produire de façon industrielle des molécules rares à destination de l’industrie cosmétique, pharmaceutique et agro-chimique. La société revendique un savoir-faire unique au monde d’extraction des « principes actifs » des plantes.

Si PAT a installé ses serres sur un terrain de plusieurs hectares en Lorraine, ce n’est ni pour planter ni pour récolter. « Nos cultures se font ‘hors-sol’, en laissant les racines à l’air libre, car c’est dans les racines que se trouvent la plupart des molécules que nous recherchons», souligne Jean-Paul Fèvre, le directeur général et cofondateur de la société. Le procédé mis au point au cours des dix dernières années consiste à « traire » les plantes de ces molécules miraculeuses, dont certaines agissent sur le vieillissement de la peau, d’autres sur des pathologies graves comme Alzheimer ou le cancer. « Nous sommes en contact direct avec les services de R&D de grands groupes pharmaceutiques et cosmétiques. Lorsqu’ils ont identifié une molécule intéressante ils  font appel à nous pour mettre en place une production à grande échelle », explique le directeur.

Une vingtaine de principes actifs explorés

Pour l’heure la société n’est en phase de production qu’avec un seul de ces clients, Chanel, qui lui a confié la « fabrication » d’une molécule entrant dans la composition d’une gamme de soins anti-âge. Ce contrat a généré un revenu d’un million d’euros en 2014. « Nous attendons une forte hausse des revenus de ce produit dans les prochaines années et avons d’autres produits en test avec Chanel », souligne Jean-Paul Fèvre. Au total PAT affirme avoir une vingtaine de principes actifs en cours d’examen pour différents clients, dont une demi-douzaine de produits thérapeutiques (anti-inflammatoire, anti-cancer, anti-Alzheimer, notamment). Tous ne déboucheront pas sur une mise en production, c'est pourquoi la société se veut prudente dans ses prévisions. Elle table sur un chiffre d’affaires de 1,8 million d’euros en 2015, de 3 millions en 2016 et d’environ 20 millions en 2020.« Les comptes ont toujours été équilibrés », précise Jean-Paul Fèvre.

Pour financer son développement, et notamment installer de nouvelles serres de ‘moléculture’, PAT vient de lancer une augmentation de capital de 6 à 8 millions d’euros assortie d’un transfert du Marché libre vers Alternext. La souscription a débuté le 11 mars, elle se terminera le 31 pour une première cotation le 8 avril. Pour Jean-Paul Fèvre, les connaissances accumulées depuis dix ans par la société sur les plantes ainsi que sur les besoins des industriels lui ouvrent des perspectives de croissance très favorables. Selon lui le recours aux molécules naturelles et aux biotechnologies va s’accentuer dans les prochaines années. Et les plantes sont encore loin d’avoir livré tous leurs secrets.