Désinfecter les installations industrielles sensibles sans avoir recours à des tonnes de produits chimiques nocifs pour l’environnement : tel est le pari d’Amoéba, jeune société lyonnaise qui a lancé la semaine dernière son introduction en bourse, sur Euronext Paris. L’offre, qui s’étend du 24 juin au 6 juillet, doit permettre à l’entreprise de lever environ 15 millions d’euros afin de démarrer l’année prochaine la commercialisation de son produit, un biocide naturel baptisé Biomeda. Celui-ci est déjà testé chez une dizaine d’industriels dont ArcelorMittal, Aéroports de Paris et Häagen-Dazs, où il a permis de réduire très significativement l’utilisation de produits chimiques.

Amoéba vise, dans un premier temps, le marché des tours aéroréfrigérantes industrielles (TAR) évalué à 1,7 milliard dans le monde. Ces tours destinées au refroidissement des eaux de process industriels (centrales électriques, installations de combustion, sucreries,chimie...) sont surveillées de près par les autorités sanitaires car elles offrent des conditions idéales pour le développement de bactéries dangereuses pour l’homme, dont les fameuses légionnelles. Les industriels sont tenus de prévenir ce risque en désinfectant systématiquement leurs installations. Pour ce faire ils utilisent des quantités importantes de produits chimiques (chlore, brome et isothiazolone) qui dégradent les installations (corrosion) et doivent être traités à leur tour pour éviter qu’ils ne polluent l’environnement.

100% naturel

La directive cadre sur l’eau entrée en vigueur au 1er janvier 2015 en Europe interdit leur rejet dans le milieu naturel sous peine de fortes taxes. « Notre biocide est entièrement naturel. C'est une amibe unique au monde qui est capable de traiter non seulement l’eau circulant dans les tours mais aussi le biofilm (dépôts calcaires) auquel les produits chimiques ne s’attaquent pas », explique Fabrice Plisson, le fondateur d’Amoéba. « C’est une véritable alternative à la chimie qui répond parfaitement aux nouvelles exigences réglementaires sans surcoût pour les industriels mais avec des bénéfices évidents en matière de protection de leurs salariés et de l’environnement ».

Répertorié sans classe de danger pour l’homme et l’environnement, le biocide d’Amoéba doit encore obtenir les autorisations de mise sur le marché. Celles-ci sont attendues début 2016 en France et fin 2016 en Europe et aux Etats-Unis. La société a déjà noué des partenariats avec des distributeurs, dont le français Aquaprox et l’américain Earthwise, et vise une part de marché de 20% en Europe d’ici 2020. L’introduction en bourse doit lui permettre de renforcer ses équipes commerciales et de financer la construction de quatre usines d’ici 2017, dont deux aux Etats-Unis (coût total estimé à 8 millions d’euros). « Amoéba dispose d’une véritable technologie de rupture sur un marché en manque d’innovation. Les nombreuses qualités de notre biocide naturel et le savoir-faire de nos équipes nous permettront d’étendre rapidement notre développement dès l’obtention de l’autorisation de mise sur le marché, en Europe et en Amérique du Nord  », estime Fabrice Plisson.  A terme l'entreprise vise d'autres marchés que celui des TAR, notamment le traitement des eaux sanitaires (douches, etc) et l'industrie agro-alimentaire.

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