Une nouvelle "cleantech" frappe à la porte de la bourse de Paris. Créée en 2008 par deux anciens ingénieurs d'Areva spécialisés dans les énergies renouvelables, Enertime conçoit des machines à cycle organique de rankine (ou "machines ORC" pour les initiés). Ces installations de plusieurs mètres de long captent la chaleur produite par les usines pour la transformer en électricité. L'enjeu est de taille : l'industrie consomme à elle seule 40% de l'électricité dans le monde. En valorisant la "chaleur fatale" des sites industriels, il serait possible d'économiser, au niveau d'un site, jusqu'à 30% de consommation électrique.

Ce marché est encore largement inexploité. En France, seuls quelques très gros sites sont équipés de machines ORC : raffineries, incinérateurs…Enertime espère séduire un panel beaucoup plus large d'industriels : cimenteries, aciéries, alumineries, verreries, usines chimiques, etc. La société se positionne également sur le marché des énergies renouvelables, ses machines permettant de produire de l'électricité à partir de différentes sources de chaleur (géothermie, solaire à concentration, biomasse).

La société n'a démarré la commercialisation de ses turbines qu'en 2013, après cinq ans de R&D et un premier déploiement industriel sur le site de la fonderie FMGC à Chateaubriant (Loire-Atlantique). Cette première expérience concluante a permis à Enertime d'engranger plusieurs gros contrats en 2015, notamment deux projets en Chine. "L'un deux a fait l'objet d'un appel d'offres international. C'est le deuxième aciériste chinois, Shanghai Baosteel, qui nous fait confiance", détaille Gilles David, PDG et cofondateur. Grâce à ces deux contrats chinois et à deux autres en France, l'entreprise affiche un carnet de commandes de 7,1 millions d'euros pour les années 2016 et 2017. Au-delà, Enertime mise sur sa technologie et sur le "sur-mesure" pour s'imposer sur un marché aujourd'hui dominé par quelques gros acteurs (General Electric, Mistubishi Heavy Industries, Ormat). "Sur notre segment – les machines ORC de moins de 5 mégawatts – nous n'avons quasiment aucun concurrent et un potentiel de marché très important", assure Gilles David.

L'introduction en bourse et l'augmentation de capital de 5 millions d'euros associée visent à renforcer les fonds propres de la société pour lui permettre d'accompagner la croissance du marché des ORC, en France comme à l'international. Enertime a déjà identifié une quarantaine de projets dans son coeur de cible. Une partie des fonds servira à l'ouverture d'une filiale en Chine où la société espère engranger de nouveaux contrats. D'après les projections du bureau d'analystes Portzamparc, Enertime pourrait réaliser un chiffre d'affaires de 20 millions en 2018 et dégager ses premiers bénéfices la même année. Toujours selon ces prévisions, le chiffre d'affaires passerait à 42 millions en 2021 pour un résultat brut d'exploitation (Ebitda) de 6,2 millions. A terme la société veut également se positionner sur le marché de la géothermie qui assure aujourd'hui une grande partie des ventes mondiales de machines ORC.

Pour connaître les modalités de l'introduction en bourse d'Enertime, cliquez ici.