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Bourse : les valeurs vertes ne sont pas sorties de la crise

Bourse : les valeurs vertes ne sont pas sorties de la crise

(Easybourse.com) Rattrapé par les économies budgétaires et la baisse des subventions, le secteur de l'environnement apparaît moins porteur aujourd'hui qu'il y a deux ans. Pourtant, certaines entreprises restent prometteuses et continuent à offrir un véritable potentiel de croissance.

Que l’on soit un écologiste convaincu ou un investisseur attiré par le potentiel des secteurs de la « croissance verte », l’année 2010 n’aura pas vraiment été enthousiasmante. Du point de vue de l’écologiste d’abord, après un sommet de Copenhague décevant, force est de constater que les négociations internationales piétinent toujours un an plus tard. Le sommet qui doit se tenir du 29 novembre au 10 décembre à Cancun au Mexique ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices, avec un Barack Obama affaibli par son échec aux élections de mi-mandat et l’hostilité déclarée d’une partie des Républicains à toute évolution de la législation sur le climat.

A ces obstacles idéologiques viennent s’ajouter des considérations beaucoup plus pragmatiques. Dans la plupart des pays développés, en particulier en Europe, l’heure est à la lutte contre les déficits et à la réduction des dépenses publiques. Dans ce contexte, les politiques en faveur de l’environnement sont revues à la baisse : diminution des subventions, baisse des tarifs de rachat de l’éolien et du solaire, ralentissement des installations…«Il y a des risques à la baisse sur les secteurs de l’éolien et du solaire. Même si les perspectives de croissance restent attrayantes en raison du maintien des tarifs de rachat, ces deux secteurs n’afficheront plus les mêmes taux de croissance que par le passé. Déjà en 2009 et surtout en 2010, leur développement a nettement ralenti», souligne un analyste parisien.

Des performances boursières décevantes

Signe de l’assombrissement des perspectives, la performance boursière des valeurs « vertes » reste globalement négative depuis le début de l’année, alors que les marchés actions sont sur une note quasiment stable. Ainsi l’indice londonien FTSE ET50, qui rassemble les 50 principales capitalisations européennes actives dans les énergies renouvelables ou les économies d’énergie a abandonné 15% depuis le 1er janvier, tandis que l’Eurostoxx50 recule de 5%.

«Il y a eu des performances décevantes cette année, notamment dans l’éolien où pourtant les valorisations de sont pas excessives», affirme Olivier Ken, analyste environnement à la Financière de Champlain. Selon lui, l’environnement reste un thème d’investissement porteur, à condition de ne pas se limiter aux seules énergies renouvelables. «Dans la thématique Environnement, nous incluons l’efficacité énergétique avec des acteurs comme Alstom, Schneider et Siemens, les infrastructures ferroviaires ou encore le traitement de l’eau des déchets», explique-t-il.

L’un de ses «paris» dans ce dernier domaine est l’entreprise Séché Environnement, troisième acteur français du traitement et de la valorisation des déchets. Une entreprise qui profite de marchés régulés et à forte barrières à l’entrée, comme l’explique Manuel Andersen, Directeur des relations investisseurs du groupe :

 


Au final, le secteur de l’environnement offre une large palette de valeurs plus ou moins volatiles. Certaines liées aux énergies renouvelables risquent de voir leur cadre réglementaire évoluer encore au cours des prochaines années, voire des prochains mois. D’où la prudence des analystes. «Je suis négatif sur le court terme en ce qui concerne les développeurs de centrales solaires ou de parcs éoliens», confie l’un d’entre eux. «Des valeurs comme EDF Energies Nouvelles, Iberdrola Renovables ou EDP Renovaveis se paient déjà très chères compte tenu du risque réglementaire», indique-t-il.

Mieux vaudrait donc attendre et se reporter sur la thématique plus large de l’efficacité énergétique. Au risque de mettre de côté une partie de ses convictions environnementales.

François Schott

Publié le 24 Novembre 2010