Symboles de la nouvelle économie numérique, les réseaux sociaux s’apprêtent à franchir une étape décisive de leur histoire en se cotant sur les principales places financières mondiales.

Le français Viadeo a indiqué ce mercredi qu’il «étudiait la possibilité» d’une introduction en bourse afin de valoriser ses quelque 35 millions de membres dans le monde. «Nous réfléchissons forcément à une entrée en Bourse et nous n'excluons pas qu'elle se fasse rapidement», a déclaré son cofondateur Dan Serfaty, cité par l’AFP, précisant que cette introduction pourrait se faire sur un marché émergent afin d’accroître l’audience du site.

Viadeo est le deuxième réseau social à usage professionnel dans le monde, derrière l'américain LinkedIn. Or ce dernier a déjà déposé fin janvier un projet d’IPO auprès des autorités boursières américaines. Mais il pourrait être devancé par Renren, le « Facebook chinois », qui compte 161 millions d’utilisateurs et aurait mandaté Deutsche Bank en vue d’une première cotation à Wall Street.

"Facebook is cool"

Quant à Facebook, le premier et le plus populaire des réseaux sociaux avec 500 millions d'utilisateurs dans le monde, il a annoncé il y a un an son intention d’entrer en bourse, mais sans se fixer de date. « Facebook is cool », aime à répéter son fondateur dans le film de David Fincher « The Social Network » : autrement dit, il n’est pas question que le site se laisse dicter sa conduite par des investisseurs qui n’auraient pas la même vision que ses créateurs.

Il faut dire que le Facebook n’a pas besoin de faire appel aux marchés pour trouver des financements. D’après les médias américains, la banque d'investissement Goldman Sachs aurait injecté 450 millions de dollars dans l’entreprise en début d’année, tandis que le russe Digital Sky Technologies y aurait investi 50 millions de dollars. Ces investissements mettent en lumière l’existence d’un véritable marché parallèle autour de l’entreprise. Goldman Sachs devait en effet revendre des part dans Facebook à des clients triés sur le volet, sous forme de titres non cotés. Mais la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme de la bourse américaine, a ouvert une enquête sur cette opération à la limite de la légalité. Elle pourrait entraîner l'obligation pour Facebook de s’introduire en bourse afin de permettre une plus grande transparence des échanges autour de son capital. L’entreprise californienne est déjà valorisée à 50 milliards de dollars, soit plus que des groupes comme Boeing, Time Warner et Yahoo!...