Skype est tombé dans l'escarcelle de Microsoft. Le leader mondial des logiciels débourse 8,5 milliards de dollars pour s'emparer du célèbre éditeur du programme d'appels et de visioconférences par internet. C'est le plus gros rachat de l'histoire de Microsoft.

Il y a encore une semaine, les spécialistes du secteur tablaient sur une offre de Google ou de Facebook. "Un rachat par Facebook, et dans une moindre mesure par Google, aurait eu plus de sens", confie Leslie Griffe de Malval, analyste spécialisé dans les valeurs internet chez IT Asset Management. Facebook espérait ainsi introduire des services de communication et de visioconférence dans son réseau social. Google, de son côté, aurait aimé compléter son système d'exploitation pour smartphone Android avec le logiciel Skype pour rivaliser avec le Facetime d'Apple.

A ce prix, Microsoft doit pourtant attendre beaucoup de Skype... Pour l'analyste d'IT Asset Management, la problématique se pose davantage sur son modèle économique. "Skype a capté une importante partie des communications à l'échelle mondiale, mais n'arrive pas pour autant à monétiser ses services. Il a du mal à convertir ses clients gratuits en clients payants", explique-t-il.

Ce rachat est une nouvelle preuve que Microsoft carbure pour se tailler une place dans le monde de l'internet. Le géant cherche de nouveaux relais de croissance en se diversifiant sur de nouveaux métiers, mais ses concurrents ont été plus vite que lui. Absent du marché des tablettes, Microsoft est en train de rater le train du cloud computing afin de ne pas cannibaliser ses logiciels. Pour rattraper son retard dans les smartphones, la firme fondée par Bill Gates espère que l'accord signé avec Nokia saura imposer son système d'exploitation Windows 7 face à Android et IOS. Pour Leslie Griffe de Malval, Microsoft a toutefois acquis une légitimité dans les jeux vidéo: "ils auraient intérêt à faire un spin-off sur leur activité jeux vidéo", suggère l'analyste...