Facebook a vendu jeudi soir 421,2 millions d’actions à un prix de 38 dollars et a ainsi pu lever 16 milliards de dollars. La valorisation de la compagnie atteint 104,2 milliards de dollars.
C’est environ la moitié de la valorisation actuelle de Google de 200 milliards de dollars. Les actions de Google avaient été introduites à 85 dollars, ont atteint 100 dollars à l’issue de la première journée de cotation, et sont évaluées aujourd’hui à 623 dollars.

Facebook signe ainsi la plus importante introduction en bourse américaine. Le précédent record avait été détenu par United Parcel Service Inc en 1999.

La demande aurait dépassé l’offre par un ratio de plus de 20/1.
Les offres passés par les petits investisseurs particuliers ont été tellement significatifs que les brokers n'ont pas été en mesure de tout satisfaire. 
Le seuil de détention pour ces investisseurs a été relevé à 5000 actions, par Morgan Stanley, contre 500 actions initialement. Merrill Lynch a limité le rachat à 2000 actions. Fidelity a reservé les actions aux clients qui avaient au moins 500 000 dollars d’actifs chez eux.

Au final la part de détention de ces investisseurs avoisinerait 30% des titres émis, ce qui est considérable.

Opérations de croissance, brevets et centres de données

Au-delà des 16 milliards de dollars collectés à l’issue de sa mise sur le marché, Facebook est parvenu à amasser 3,91 milliards de dollars dans sa trésorerie, sous forme de cash et d’investissements de court terme.

La firme a par ailleurs négocié un programme de refinancement avec des banques d’envergure, dont Morgan Stanley et JPMorgan Chase & Co, comprenant une ligne de crédit de 5 milliards de dollars.

Grâce à cette masse abondante de liquidités, beaucoup tablent sur une accélération du développement de Facebook par croissance externe.

Plus d’acquisitions de plus grande dimension devraient vraisemblablement être annoncées dans des domaines aussi divers que le mobile, la publicité, les paiements à distance, ou encore le partage de vidéos, à l’instar du récent rachat de Instagram.

Dans le domaine de la publicité online, des compagnies comme ValueClick Inc ou encore une branche de Microsoft pourraient être des cibles adéquates.

Dans le domaine du partage des vidéos, Facebook pourrait bien se saisir de Viddy Inc. ou de Socialcam Inc. Des fournisseurs de musique comme Spotify Ltd ou Pandora Media Inc pourraient également être convoités.

Au-delà des opérations d’acquisitions, l’argent accumulé devrait amener Facebook à renforcer son portefeuille de brevets. Au mois d’Avril, la société a indiqué son intention de payer 550 millions de dollars pour acheter 650 brevets et applications d’AOL de même qu’une licence pour les brevets et les applications d’AOL que Microsoft devrait détenir.

Qui plus est, Facebook ambitionne de dépenser plusieurs milliards de dollars au cours des prochaines années pour accroitre la capacité de réception des données de ses utilisateurs et construire des centres de données notamment en Chine, et en Australie.

Les dépenses en capital devraient se situer entre 1,6 et 1,8 milliards de dollars cette année et monter à 2,2 milliards de dollars en 2017.

Ce vendredi devrait être le premier jour de transaction des actions de Facebook sur le Nasdaq.